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Anthems : l’Italo disco

Plongée musicale dans l'Italie des 80's

  • Nora Djaouat
  • 5 April 2017

Notre nouvelle série intitulée Anthems est faite pour s'initier à un genre, comprendre ses spécificités, et découvrir ses morceaux phares, et aussi ceux qui s’en inspirent aujourd’hui.

Che è l’italo disco ?

Ah qu’il est bien difficile d’expliquer un genre musical ! Pour l’italo disco, c’est d’autant plus compliqué, car le terme n’est pas né en Italie mais en Allemagne. En effet, en 1983, Bernhard Mikulski, le fondateur du label ZYX Music, sort une compilation intitulée The Best of Italo Disco qui sera finalement une série d’une vingtaine de sorties jusqu’en 2008. C’est la première fois que le terme est utilisé, mais les prémices du genre remontent à quelques années plus tôt : aux USA, le disco bat son plein dès 1970 et un artiste italien nommé Giorgio Moroder se fait alors maître en la matière, notamment avec son titre « I Feel Love » chanté par Donna Summer. Mais si certains pensent que Giorgio Moroder est le père fondateur de l’italo disco, sachez que lui rejette tout bonnement cette casquette. L’année dernière, il déclarait d’ailleurs à Télérama : « Je ne comprends vraiment pas pourquoi certains m'ont bombardé ‘père de l'italo disco’ après cette chanson (ndlr, « Love To Love You Baby »). D'ailleurs, la première fois qu'on m'a interrogé sur ce courant musical né dans les années 1980 en Italie, je ne savais même pas de quoi il s'agissait. Il n'y a guère qu'en Europe qu'on me parle d'italo disco. »

Si l’italo disco n’est pas réellement né avec Moroder, ce dernier a fortement influencé la masse de producteurs italiens qui, entre 1980 et 1985, se sont mis à faire du « disco mâtiné d’electro et de new wave », à un rythme effréné, comme l’explique David Blot, journaliste à Radio Nova et auteur de l’excellente BD Le chant de la machine. Fred Ventura, un producteur italien spécialiste du genre interrogé par Boiler Room, apporte une autre information essentielle pour comprendre le genre : « La différence majeure entre ce qu’on appelle la synth pop en Europe et l’italo disco est que cela était fait d’une manière une presque détachée. L’idée c’était vraiment de faire un morceau et de le sortir immédiatement. »

Certains trouvent l’italo cheap au possible, mais ce genre a pourtant eu une grande importance et est devenu très populaire dans les clubs de Chicago et de New York, notamment grâce à Larry Levan mais aussi à Chip E, un pionnier de la house music de Chicago. Au micro de Boiler Room, le producteur de « Time To Jack » se souvient : « C’était un genre de disco, mais avec des sons électroniques. C’était un son nouveau. À Chicago, à cette époque, le disco était mort, mais nous étions encore très attachés à cette ligne de basse conductrice et aux batteries presque sexuelles, et on a retrouvé cela avec l’italo disco. Il y avait cet homme, Walter Kapp, qui avait une compagnie d’import/export baptisée Kapp Exports. Il a commencé à ramener des disques d’Italie et sans lui on n’aurait jamais pu découvrir cette musique, car à l’époque il n’y avait pas internet. Tout n’était pas bon mais on a trouvé des choses qu’on aimait et on en a fait de véritables hits. »

Entre kitsch et avant-garde

L’esthétique visuelle de l’italo n’a pas sa pareille. Entre le kitsch absolu et la brillante avant-garde, on a parfois du mal à trancher, mais c’est bien ici toute la magie du genre ! L’italo s’est façonnée une image futuriste, notamment avec des clips animés comme « I Wanna Be Your Lover » de La Bionda. Il y a aussi des artistes qui se mettaient en scène dans un univers particulier – on pense notamment à Miko Mission pour son titre « The World Is You », alors tout de blanc vêtu et gesticulant entre des panneaux lumineux représentant New York, Paris, et Londres. Dans l’italo, il n’y avait pas de lignes de conduite à et les artistes s’en donc donné à cœur joie pour se créer un univers singulier, parfois très étrange certes mais c'est ce qui fait aussi le charme du genre.

Maintenant, place à une rétrospective musicale forcément subjective qui permet de comprendre l'italo disco, un genre qui va au delà des contributions de Giorgio Moroder.

Les inspirations

Elle sont multiples mais Giorgio Moroder et Kraftwerk sont sans aucun doute les plus évidentes. Les producteurs italo ont été exposé aux hits de Moroder, aussi bien dans les discoteca qu’à la radio. Quant à Kraftwerk, il était difficile de passer à côté de la tornade synthétique allemande, surtout quand on est si proche sur le plan géographique.

Les emblématiques

Une sélection des morceaux phares de l’italo disco, qui ont bâti la légende du genre et qui étaient joués au Paradise Garage et même au Warehouse de Chicago.

Les pépites

Des morceaux moins connus que les diggers se passent sous le manteau.

La descendance

Aujourd’hui, on retrouve la patte italo disco chez quelques producteurs qui ne vous seront pas inconnus. Le label Italians Do It Better s’est d’ailleurs spécialisé dans ce son si particulier avec des groupes comme Glass Candy ou Chromatics.

Sources : THUMP, Télérama, Italo Disco Story

Nora est rédactrice freelance pour Mixmag France, suivez-la sur Twitter.

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