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Apollonia : “On est là pour le club, pour faire danser les gens”

L'histoire d'un trio français entré dans la légende

  • Camille-Léonor Darthout
  • 4 August 2017

Apollonia est une histoire de longue date. Trois amis parisiens devenus frères de platines, trois entités consolidées en une seule : Dyed Soundorom, Shonky et Dan Ghenacia. Un trio moléculaire et étroitement lié, dont l'ensemble de la carrière est dédié à la fête, aux clubs et à son public. Apollonia est d'abord un label, né en 2012, dont la mission est de produire et diffuser une musique groovy, hypnotique et dansante. Pris dans un engrenage frénétique, tourbillon festif dans lequel l'organisme évolue, Apollonia devient le groupe légendaire qu'on connaît. Un B2B2B, set à 6 mains, trois têtes et une seule âme. Rencontre avec un grand nom de la musique électronique française devenu pilier des dancefloors internationaux.

Paris

Nous sommes en 1998 quand Shonky rencontre Dyed aux Bains Douches. Dyed Soundorom. Ce dernier travaille pour l’établissement, l'un des plus prisés de la capitale. Ils fréquentent tous deux les clubs parisiens depuis quelques années déjà. Jeunes et fascinés par la culture underground, les deux acolytes sortent à droite et à gauche, en soirées comme en afters, avides de divertissement, de fête, d'extase.

Naturellement ils fréquentent l’after Kwality au Batofar le dimanche matin, dont l’hôte n’est autre que Dan Ghenacia. Shonky et Dyed sont fascinés par les sets du DJ déjà bien installé dans le paysage du clubbing à Paris. Shonky et Dyed deviennent des spectateurs récurrents, ne loupent quasiment aucun after, en bon public aguerri.

“La véritable histoire du trio. C’est que Dyed et moi-même, on était fans de Dan au début”, avoue Shonky. De fil en aiguille, les trois comparses commencent à traîner ensemble. Ils ont le même goût pour la fête, les soirées à n'en plus finir et la musique, évidemment.

Ibiza

Les garçons traînent alors depuis quelques temps ensemble. Le monde célèbre le XXIe siècle et le couple Guetta est en charge de la direction artistique des Bains Douches depuis la moitié des années 90s . Guetta demande à Dyed de l'aider à faire la promo d’un événement sur Ibiza. Ce dernier accepte à une condition : booker son pote Dan Ghenacia sur l’event. Et voilà comment dans cet élan de fraternité indissociable, les trois acolytes s'envolent pour la White Isle. C'est la première fois que Shonky découvre Ibiza, nous sommes en 2000.

Pendant 4 semaines, fête et musique rythment leurs journées. C'est là, dans ce cadre idyllique, que naît leur amitié. La vraie : celle qui dure, celle dont on ne peut plus se passer, celle qui permet de se projeter dix ans plus tard, toujours soudés.

Comme un clin d'œil à ce souvenir c'est d'ailleurs ici, à Ibiza, que les trois garçons décident de vivre à mi-temps, quelques années plus tard. Une décision prise ensemble pour des raisons logistiques : toutes les dates en solo ou en trio pendant la période estivale, il est plus simple de rester dans le même périmètre.

Ibiza est le nerf de la guerre, c'est donc la destination qui s’est naturellement imposée. Une île dont on ne présente plus les événements qui s'y tiennent chaque été, animés par les plus grosses pointures de l'électronique.

Si l'amitié des membres d’Apollonia est née au début du siècle à Ibiza, on ne parle pas encore de label à cette époque. Chacun vaque à ses propres occupations, dédié à sa carrière individuelle.

Berlin

Shonky est parti de Paris. Mené par l'envie de vivre de sa musique, de “tester de nouveaux trucs en solo” comme il l'explique. Il emménage à Berlin en 2007.

“La quiétude berlinoise est un plus dans les studios. En Allemagne il y a 10 ans, tu n'avais pas à te poser certaines questions parasites - comme savoir si tu vas réussir à boucler ta fin de mois”

Pendant ce temps, Dyed et Dan restent à Paris. Ce dernier y a ouvert une maison de disque, en 2003 Freak’N’Chic, qui permet déjà de sortir des maxi de Shonky, puis de Dyed et d’autres artistes. Les trois sont toujours amis, malgré la distance. Dyed considère un déménagement à Berlin, pour se rapprocher de Shonky. Ce qu'il fera en 2009.

2011. Dan est alors contraint de fermer Freak’N’Chic. Il propose alors à ses deux amis de refaire quelque chose ensemble. Et sans l'ombre d'une hésitation, en toute évidence, le label Apollonia voit le jour. Dyed et Shonky ont été élevés “à la sauce Dan, à la culture club et after” qui leur ont permis de se rencontrer. Commencer à travailler ensemble s'ancre dans la continuité de la décennie passée. Le but n’est pas de rechercher constamment de nouveaux artistes ou de promouvoir de nouveaux styles. Club, fête, partage sont les maîtres mots du projet. Donner au public sans modération, avec leur propre contrôle de qualité.

“On est là pour le club, pour faire danser les gens.”

Ce besoin de sortir de la musique qui plaît autant aux trois membres d’Apollonia consolide le trio et définit une identité singulière. Le label n’est pas un trio, c'est un projet commun. En 2012, cette même année où est formé le label, Dan, Dyed et Shonky sont invités à tenir 9 heures de set au Panorama Bar, Berghain, pour l'anniversaire de Cassy. Difficile de décider à qui reviendrait les platines pendant la soirée. Alors l'idée d'un b2b à six mains vient naturellement. Depuis ce jour, Apollonia devient nom de scène.

Croatie

Voilà cinq ans qu’Apollonia a vu le jour. Une demi-décennie durant laquelle Dan, Dyed et Shonky ont voyagé aux quatre coins du monde. Du Brésil à la Roumanie, le trio trouve même des événements auxquels s'affilier à résidence. C'est le cas du Sonus en Croatie. Pour la quatrième année consécutive, Apollonia figure sur le lien-up du festival qui fête ses cinq ans cette année.

L’île de Pag offre un cadre naturel magnifique - entre plage et falaises - point appréciable de la destination. Mais si Apollonia revient chaque année, c'est principalement pour ce qui fait et fera toujours vibrer le duo : la musique.

“Quand tu figures sur une programmation aussi pointue que celle du Sonus, ça fait tout simplement plaisir. Tu te sens honoré de faire vivre l'événement et de comprendre que toi aussi, tu fais partie de ce paysage électronique international,” admet Shonky.

Cinq ans auront suffi à Apollonia pour s'inscrire en haut du catalogue des DJs internationaux. Tout cela parti d'une ouverture curieuse et gourmande sur tous les genres, qui fait toute la singularité des sélections du trio. Ensemble, ils sont devenus un phénomène puissant - invincible. À plusieurs, voyager devient plus simple.

“La pire des choses dans le DJing, c'est la solitude. On a de la chance d'être trois, tout devient plus simple : la fatigue, l'étranger, les imprévus. Tout est plus facile à accepter parce qu'on profite de chaque instant, ensemble”

La chance. Dyed, Dan, Shonky : tous un pied dans le milieu de la musique depuis près de vingt ans. Et pourtant quand ils parlent de leurs nombreuses aventures, de leurs projets, d'Apollonia, ils réalisent toujours autant la chance qu’ils ont. 10 à 12 dates par mois, une bande de copains soudés et un label qui leur permet de sortir ce qu'ils aiment. C'est ce dont ils ont toujours rêvé, une vie faite de musique.

La prochaine sortie de la maison sera un repress d'un maxi de l’italien Laser, sorti en 1993. Dan l'avait joué en soirée et avait mis la foule en émoi. Alors l’EP Body est sur la marmite, parce que si le public le veut, Apollonia le fait.

Retrouvez Apollonia le dimanche 20 août au festival Sonus en Croatie pour un set all night long. Infos et billetterie ici.

Crédits photo : © Tasya Menaker

Camille est rédactrice stagiaire à Mixmag France. Suivez-la sur Twitter.

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