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Culture

Au cœur de Bogota, techno, salsa et bass culture latine font bon ménage

Le joyeux désordre des afters-hours colombiennes offre un melting-pot culturel d’une diversité rare

  • Texte : Will Crisp • Photo : Christian Escobarmora
  • 30 November 2017
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La nuit où Mixmag visite le Video Club, son DJ résident Julio Victoria prépare une tournée européenne avec arrêts prévus à la Concrete de Paris et Music Box de Lisbonne. Ce soir-là, il joue un set hypnotique de house deep et minimale pour un dancefloor bondé.

En bas, les sons de coups de feu et de sirènes résonnent sur le dancefloor alors que BClip, un DJ de la côte caribéenne de Colombie, mixe des genres latino et africains comme la salsa, la cumbria et le soukous avec des sonorités électroniques récentes de la champeta colombienne, le tout agrémenté d’incessantes drums low-fi jouées en live sur une Casio SK-5.

« La musique électronique tropicale ne tourne pas seulement autour des ananas », dit BClip après son set. « Il n’y a pas que les palmiers et les noix de coco. Oui, elle a des aspects chauds, feel-good, mais une bonne partie parle du ghetto. C’est la moiteur et la transpiration du ghetto. C’est un son hardcore. »

Sa ville natale Barranquilla héberge un des plus gros carnavals au monde. Des douzaines d’énormes sound systems aux couleurs criardes - les picós - sont montés pour cracher du son afro-caribéen et des basses à en remuer la terre chaque février, quand des milliers de fêtards remplissent les rues de la ville. « Depuis que je suis arrivé à Bogota en 2009, mon son a évolué », il confie. « En ce qui concerne mes productions, il y a plus de basses et plus de distorsion. Comme un sound clash de picó post-apocalyptique. »

Les genres électroniques que passe BClip ont déjà fait l’objet de censure - la champeta a été bannie dans la municipalité colombienne de Malambo, où les autorités ont décrété qu’elle incitait à la violence.

« Autrefois à Barranquilla, c’était chose courante pour les membres de gang des mauvais quartiers d’apporter leurs flingues en soirée », il se souvient. « Beaucoup de clubs ne veulent pas passer cette musique, mais au fil des ans, les mentalités ont changé à Bogota. Les gens font preuve de plus d’ouverture d’esprit. »

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