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​Calling Marian : « Les soirées LGBT et féministes m’ont portée au devant de la scène »

Son EP ‘The Parade’ est disponible le 28 septembre sur JFX Lab

  • Camille-Léonor Darthout
  • 27 September 2017

La lyonnaise Calling Marian est une artiste dont on entend parler, mais à la personnalité encore mystérieuse. L’artiste débute sa carrière en tant que DJ et s’impose très vite comme une figure importante de la scène électronique lyonnaise en devenant actrice des soirées queer et LGBT. Passionnée par les machines, elle sort un premier EP auto-produit en 2015 intitulé 199X avant de suivre son cœur, pour rejoindre la capitale. Là, elle se consacre à de nouveaux projets qui lui ouvrent de nouvelles perspectives artistiques. Parmi elles : un second EP produit par le label digital JFX Lab et un projet musical audiovisuel en binôme. Rencontre avec une jeune femme aussi passionnée que passionnante.

Sur sa magnifique terrasse semi-couverte, au 8e étage d’un immeuble du 11e arrondissement, Marianne s’asseoit en tailleur sur un tapis berbère. Sa compagne, Cécilia, remplit sa tasse de café. Le soleil est au beau fixe et l’ambiance détendue. Entre quelques éclats de rire, Marianne raconte ses débuts dans la musique. Elle habite à Montpellier lorsqu’elle entame une license en musicologie. Elle y découvre un aspect méconnu de la musique électronique : l’époque contemporaine du XXe siècle, les débuts de l’électrification de la musique, les premiers enregistrements et les premières boucles. Loin des hits électro diffusés à la radio, la musique répétitive et concrète la passionne immédiatement. Malheureusement, son programme n’est pas assez focalisé sur cette période, et la musique médiévale ne pique pas l’intérêt de la jeune femme. Devenir prof d’histoire n’est pas envisageable pour elle, alors elle décide de quitter sa licence pour rejoindre ses amies à Lyon. Là-bas, elle organisent les soirées lesbiennes ‘La Chatte’ et très vite, on lui propose de mixer sur certains événements, en dépit du fait que Marianne n’ait jamais touché à des platines de sa vie. Elle se souvient :

« J’ai dû mettre 4 mois à préparer mon premier set sur Ableton. Mon but était de faire danser les gens alors j’ai sorti mes meilleurs tracks. Et ça a marché, à la suite de cette soirée je suis devenue résidente au soirées ‘La Chatte’. »

Très orientée techno et acid techno, Marianne se produira 7 fois pour les soirées de son amie. Mais cette période ne dure qu'un temps et Marianne s'écarte des soirées ‘La Chatte’. Sa carrière prend forme rapidement grâce aux nombreux contacts qu'elle a désormais dans l'industrie. La communauté LGBT lyonnaise est vaste, et les opportunités se multiplient, la jeune femme finit par jouer pour Garçon Sauvage, à l’origine du festival Intérieur Queer et même au Sucre. En parallèle de la scène, toujours scotchée à ses machines, Marianne décide de se mettre à la production. Elle achète un paquet de CD qu’elle grave de trois titres, un premier ‘EP’ entièrement auto-produit intitulé 199X, qu’elle distribue à ses proches.

Ce nouveau départ prometteur n’est pas que professionnel. Marianne rencontre Cécilia, sa compagne, lors des soirées LGBT lyonnaises. Après un certain temps ensemble, alors que l’artiste est bien installée sur la scène électronique locale et qu’elle est devenue une véritable icône techno et actrice LGBT, elles décident de déménager à Paris, où Cécilia travaille. C’est l’occasion pour Marianne de s’affirmer sur une plus grande scène et saisir les opportunités qui se présentent à elle. Mais c’est difficile. À Lyon, Marianne était une reine engagée avec un carnet rempli de contacts. À Paris, elle connaît peu de monde.

« Parfois, j’ai l’impression qu’il y a moins de place pour moi ici. »

Maintenant qu’elle ne travaille plus, Marianne est déterminée à faire de la musique son métier. Dans la capitale, elle rencontre Cassie Raptor, vidéaste les soirées Wet For Me pour lesquelles Marianne s’est déjà produite à Lyon. Ensemble, elles forment le duo Solides, un projet audiovisuel qui vise à décloisonner l'interaction vidéaste/artiste. Solides, ce sont deux personnes sur scène qui jouent ensemble dans deux catégories différentes. Pendant que Marianne passe ses sons, Cassie, VJ, cale ses vidéos sur les tempos. Avec ce projet, Marianne s’éloigne un peu de la la communauté LGBT qui l’avait portée au devant de la scène. Même si elle reste forcément attachée au mouvement, la productrice techno veut désormais militer pour la musique, non plus pour ce qu’elle est.

« C’est un peu par hasard que j’ai commencé à jouer. C’était pour des soirées lesbiennes et cette communauté m’a amenée à la musique et portée au devant de scène. Mais aujourd’hui, j’aimerais m’affirmer en tant qu’artiste techno plus qu’en tant que DJ pour des soirées LGBT. »

Ce n’est plus la scène qui fait vibrer Marianne. Ce qu’elle veut, c’est produire. Et dans son élan créatif, elle est contacté par le label JFX Lab : ils ont suivi sa progression fulgurante depuis Lyon, ils veulent couvrir une de ses sorties. Remotivée, Marianne boucle un second EP en quelques mois seulement : ‘The Parade’, un maxi numérique de 4 titres, inspiré de l’esthétisme des parades coréennes.

« Pour la petite anecdote, j’étais en train de matter une vidéo de parade coréenne, et j’ai remarqué que leur pas s’accordaient parfaitement au tempo de mes tracks. J’ai littéralement été fascinée par le paroxysme entre l’esthétisme audio-visuelle et la réalité politique : là-bas, la techno n’est pas diffusée. »

Marianne pense que son EP ‘The Parade’ est fait pour le club, elle aimerait que les gens dansent dessus. Pourtant la réalité est plus complexe : elle a finalement mis beaucoup d’elle dans ce chapitre. La productrice s’est trouvée : elle quittait Montpellier il y a quelques années sans voir de lendemain et elle est aujourd’hui à Paris, épanouie, et confortée dans l’idée de vouloir vivre de la musique. Ses perspectives et ses ambitions sont multiples. Bien sûr, elle imagine un jour sortir son premier album, et envisage déjà de produire un prochain EP. Avec Cassie, elle compte bien dynamiser son projet Solides à Paris et en province. Et puis, sur la continuité, Marianne aimerait également militer pour la cause LGBT. Pour qu’un jour, les communautés soient véritablement décloisonnées et que tout le monde puisse faire la fête ensemble et sans barrière.

L'EP de Calling Marian 'The Parade' est disponible dès le 28 octobre au format numérique sur le label JFX Lab. Découvrez le track '0019.1' issu de l'EP ci-dessous.

Crédits Photo : Marie Rouge

Camille est rédactrice freelance à Mixmag France. Suivez-la sur Twitter.

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