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Caméra cachée : on s’est faufilés dans une usine de MDMA chinoise

Notre envoyé spécial Mike Power à Hangzhou

  • Mike Power
  • 30 May 2018

Je rencontre mes complices au Grand Kempinksi Hotel de Shanghai à 19h. Ça fait 29 heures que je suis sur la route, je tiens grâce à l’adrénaline. Je pensais pouvoir dormir dans l’avion, mais impossible de fermer l’œil.

Ça m’a pris six mois pour arriver à monter cette opération, demain est le jour J. Le plan est de signer un contrat pour pouvoir acheter assez de matières premières dans une usine chinoise de la ville de Hangzhou, quelques centaines de kilomètres au Sud de Shanghai, pour fabriquer l’équivalent de 27 millions d’euros de MDMA. Pas droit à l’erreur : je rencontre le conducteur, la traductrice et le comptable. On se met d’accord sur un plan B pour parer à toute éventualité. On croise les doigts.

Je prends une douche dans le pod minuscule de mon motel et descends au rez-de-chaussée. Il faut que je me réveille. Deux cafés. J’appelle un taxi et me dirige vers le centre, à travers un océan de mobylettes et une atmosphère tellement polluée qu’elle se voit, se sent et laisse un drôle de goût dans la bouche.

L’hôtel Kempinski se dresse au coin de la rue, gonflé comme un videur qui roule des mécaniques, enrobé de diamants et d’acier poli. Je m’assois dans un coin tranquille, alerte, et commande un thé. Autour de moi, le look du jour est sugar-daddy : de vieux mecs laids, leur copine d’une nuit au bras, qui marchent au rythme du tic-tac incessant des stilettos sur le marbre. Les femmes sont drapées de Versace ; les hommes ont l’air las du glamour.

On entre, paie pour notre suite et avons droit au service parfait auquel ont droit ceux qui ont de l'argent. On contemple la vue, des gratte-ciels couverts de LEDs qui brillent de mille confettis pixelisés, alors qu’un poisson-rouge grand comme un immeuble de sept étages plonge au ralenti vers la rivière Huangpu. On se change, les chemises noires sont de rigueur. Nous sommes trois : moi, Thilo et notre traductrice, une Chinoise à l’esprit vif qui est au courant de notre enquête.

J’ai dit à « Janet », une commerciale de l’usine chimique au Sud de la ville, que nous sommes des professionnels de la parfumerie basés en Pologne, et que nous avons besoin d’un produit que fabrique son usine pour une « nouvelle fragrance ». C’est un mensonge, on le sait tous les deux.

Ce que Janet ne sait pas, c’est que je m’apprête à compléter une opération d’infiltration qui documente les rouages, l’économie et la chimie derrière l’industrie de production et de distribution qui part d’un labo de la banlieue de Shanghai et passe par tout un réseau de chimistes et de criminels en Hollande, Belgique et Russie pour finir dans les récepteurs à sérotonine des cerveaux de dizaines de millions de fêtards. No pressure.

Notre but est de comprendre pourquoi aujourd’hui la MDMA est aussi bon marché, aussi pure et aussi abondante en Europe. Depuis 2012, les cachets d’ecstasy ont doublé voire triplé en concentration et doivent désormais être pris par moitié si vous voulez avoir une chance de vous souvenir de votre soirée - ou de vous réveiller le lendemain. On relève 65 cas de mort par overdose en 2016 au Royaume-Uni - cinq fois plus que les 13 enregistrés en 2011 par le bureau des statistiques nationales en 2011.

Sur le marché noir du Dark Net, la MDMA se vend au kilo pour 6 000 €, contre 35 à 45 000 € il y a dix ans. Au détail, il fallait compter 70-80 € le gramme ; on en trouve désormais pour 30 € le gramme. Derrière ce phénomène, le produit chimique que nous allons acheter, le PMK-glycidate. Il est utilisé pour fabriquer la MDMA en quantités industrielles.

Janet pense qu’elle vient de mettre la main sur un bon deal, grosse commission à la clef. J’ai commandé 7 500 kg du produit — soit environ 3 bennes : assez pour fabriquer 30 millions d’euros de MDMA. On filme l’action pour une série documentaire de la télé allemande présenté par Thilo, un mec de Berlin Est avec des testicules en titane.

On coupe tous les deux un bouton de nos chemises pour y faire rentrer les cables des caméras cachées, on y visse un objectif grand-angle en forme de bouton. Batteries - check. Notre traductrice essaie ses lunettes, qui dissimulent elles-aussi une caméra cachée. Tout est bon. On se met d’accord sur le plan : faire en sorte que Janet admette face caméra qu’elle sait que nous sommes des trafiquants de drogue. Aussitôt fait, on trouvera une excuse pour partir et on rentre fissa à Shanghai.

Ces six derniers mois, j’ai attiré Janet dans ma toile. Le PMK-glycidate, un solide cireux, est légal - au contraire du PMK standard, un liquide huileux qui se trouve sur la liste des substances contrôlées par les forces de coopération internationale : c’est un des composants essentiels dans la fabrication de la MDMA. Si vous essayez d’acheter du PMK, quelle qu’en soit la quantité, il y a des chances que les flics de la DEA viennent enfoncer votre porte dans la foulée. Mais le PMK-glycidate est dans une zone grise. Il n’est pas vraiment illégal… pas encore, en tout cas.

Voilà trois décennies que la MDMA me fascine - par l’expérience que la drogue procure ; le courant musical qu’elle a inspiré ; les gangs et les chimistes derrière sa production. Alors en 2008, quand les stocks mondiaux de MDMA ont disparu, j’étais curieux de savoir pourquoi. J’ai découvert que le marché avait été détruit quand les Nations Unies ont brûlé 33 tonnes d’huile de sassafras à Pursat, près de la capitale cambodgienne de Phnom Penh la même année. Cette huile à l’odeur d’anis est généralement distillée à partir des racines de l’arbre de camphre jaune qui prospère dans les montagnes du Cardmom, une vaste étendue de forêt vierge.

L’huile de sassafras est l’ingrédient le plus facile à trouver pour qui veut fabriquer de la MDMA. À l’époque, on pouvait l’acheter pour un euro le litre à Phnom Penh. Ramenez ça à Rotterdam, et le tour était joué. Mais en 2008, les Nations Unies ont saisi et brûlé assez de cette huile pour fabriquer 250 millions de cachets. Par la suite, les saisies de MDMA à l’échelle internationale ont baissé de moitié par rapport aux années précédentes. Les histoires d’usagers empoisonnés par des malfaçons toxiques se sont répandues sur la toile : des pipérazines les ont plongés dans un état de fièvre comateuse.

J’ai écrit un livre, Drugs 2.0, qui documente l’histoire de la disparition de la MDMA et la montée conséquente de la méphédrone, puis le mouvement de panique autour des legal highs, ces drogues synthétiques qui se sont emparées des marchés britanniques en 2010, jusqu’au point final : l’émergence des marchés du Dark Web, qui ont radicalement changé la donne. L’ouvrage se termine sur la découverte du PMK-glycidate comme alternative à l’huile de safrassas ; tout comme les chimistes ont réussi à contourner les lois anti-drogues avec les drogues légales, ils étaient parvenus à créer leurs nouveaux pré-précurseurs. Aujourd’hui, le PMK-glycidate est la clef de voûte du marché mondial de l’ecstasy.

C’est sur les forums de Silk Road, le premier marché noir du Dark Web, que j’ai rencontré un chimiste qui a travaillé pour un laboratoire « La demande du marché anglais de la MDMA est d’environ 25 000 kg par an », il m’avait dit. Soit environ 20 camionnettes. « Notre labo est passé [en 2010] à l’éthyl PMK-glycidate comme précurseur chimique. Il n’était pas surveillé, et on pouvait s’en procurer en Chine à un prix défiant toute concurrence ».

Il m’en a révélé tous les détails de sa synthèse et j’ai vérifié la faisabilité de la méthode avec un expert chimiste du milieu légal. Ce n’était pas seulement faisable, m’a-t-il dit ; c’était beau. « Le procédé accomplit des changements moléculaires complexes en une seule étape, c’est presque comme regarder toutes les planètes d’un système solaire s’aligner. Élégant est le mot. C’est le genre de chose que n’importe quel chimiste bio-organique pourrait avoir découvert une fois qu’on l’explique, mais en réalité, la première personne à avoir découvert cette méthode a eu un vraie souffle d’inspiration divine ».

Mais qui produisait ce nouveau pré-précurseur qui a chamboulé tout le marché ? D’où venait-il ? Il me fallait en savoir plus. Ce n’est pas simple de trouver un fournisseur, mais après quelques semaines de recherche, j’ai trouvé une cible. J’ai créé une société écran et envoyé des centaines d’emails.

J’ai vérifié auprès des Nations Unies, les groupes de prévention européens, les chimistes et les experts légaux en Grande-Bretagne et en Allemagne avant de réaliser un achat de 1 kg, pour tester. Le laboratoire l’a envoyé par livreur à un appartement à Berlin avec un faux certificat de contenu. Les tests en laboratoire sont revenus positifs. Mis entre les bonnes mains, ce kilo pourrait servir à fabriquer 700 à 800 grammes de MDMA pure. Soit la possibilité de quadrupler son investissement de départ.

Le deal est en bonne voie. Sur plusieurs semaines, j’ai fait monter les quantités demandées jusqu’à 7.5 tonnes, sans que ça ait perturbé le labo. Je négocie sur les coûts et la quantité, et mentionne en passant que je serai à Hong Kong d’ici quelques semaines pour un voyage d’affaires. Je veux qu’ils demandent à me rencontrer, pas l’inverse. Ça aura l’air moins suspect.

Janet mord à l’hameçon et m’invite. Comme un vampire, j’accepte poliment.

J’appelle l’équipe à Berlin, on réserve nos tickets et on arrange nos visas pour la Chine. Et nous voilà face au mur, maintenant il faut le faire. Merde.

Nous conduisons au Sud de Hangzhou le matin qui suit notre préparation au Kempinski. Dans le van, on passe de moments de silence à observer la route à des crises de rires nerveux.

J'essaie de chasser cinq pensées de ma tête. D’abord, que c’est un piège, qu’on va se faire épingler par un laboratoire soutenu par l’état chinois. Ensuite, si j’ai affaire au plus gros labo de PMK-glycidate du monde, cette histoire va faire monter la moutarde au nez d’un certain nombre de criminels tout en haut de la chaîne alimentaire. Enfin, personne ne sait que je suis là à part quelques amis, comme nous voyageons avec des visas touristiques plutôt que des visas presse pour ne pas alerter les autorités locales. Puis, étant donné que nous voyageons incognito, ces caméras et l'équipement que nous portons pourraient nous trahir, et on n’a pas de permis. Et une cinquième pensée : comment et où allons-nous dissimuler les caméras ?

Nous voilà dans la zone industrielle du Sud de la ville où se trouvent toutes les usines chimiques, une Z.I où les travailleurs à la mine sinistre scrutent du regard la fourgonnette d’Occidentaux qui les observent en retour. Un ouvrier qui transférait une pile démesurée de sacs de produits chimiques d’un van à l’autre s’arrête ; nos regards se croisent et se lâchent, l'espace d'une seconde qui semble une éternité.

Nous entrons dans un Starbucks et toutes les têtes se tournent. On se dirige vers les toilettes, à tour de rôle, et j’installe ma caméra en moins de 30 secondes. J’inspire, j’expire, en comptant 10 secondes à chaque fois. Six respirations par minute ralentissent mon rythme cardiaque, je me mets dans la peau du personnage. Je mets mon téléphone sur silencieux, j’allume le microphone, enclenche le mode avion et baisse la luminosité de l’écran au minimum. Backup audio.

On fait le tour du pâté de maison et on arrive à l’adresse des bureaux commerciaux du laboratoire, on gare le van et on marche jusqu’à la porte sous une pluie qui pique la peau. On dirait un immeuble des Assedic des années 80, affreux et municipal. On entre dans l’ascenseur, discrets comme une bande d’astronautes qui viennent d'abandonner une Rolls Royce dans un bidonville, et Janet nous accueille dans le lobby d’un bloc de bureaux indéfinissables ; tapis en nylon bleu, costumes en nylon bleu. On lui donne environ 22 ans et elle a l’air contente, si ce n’est un peu confuse de nous voir. Elle propose d’allumer la clim', mais le bruit risque de couvrir nos petits micros, donc nous refusons et prenons place, tous ruisselants de sueur. Elle est en pleine ligne de mire de nos trois objectifs.

Un calme étrange s’empare de moi. Nous y voilà, enfin. On peut parler affaires. Je brasse des papiers et rappelle le deal à tout le monde de haute voix pour qu’on ait bien tout sur les enregistrements.

« Donc, vous voulez sept mille cinq cent kilos du produit », elle dit. « Nous pouvons produire cette quantité. Nous avons envoyé cinq tonnes au Portugal la semaine dernière, et nos pouvons produire plus de mille tonnes par an. Nous avons envoyé quatre-vingt dix tonnes en Russie cette année. Ce n’est pas un problème. »

Pour une seconde, je me tiens à la croisée des chemins. Tout est bien réel. Et si je l’achetais vraiment — et si je devenais un producteur de MDMA ? Je pense à mon découvert, mes cartes de crédit, mon prêt immobilier, ma retraite inexistante et mes économies ridicules. J’imagine ce que je pourrais faire avec à peine 10% de l’argent que ce deal pourrait rapporter. Je réfléchis au fait qu’utilisée correctement, cette drogue est moins dangereuse que l’alcool, a causé moins de misère et d’addiction et tué moins de gens que j’aime que la cigarette. J’ai été un fervent défenseur de sa légalisation depuis 30 ans, depuis ma toute première épiphanie sur le dancefloor et les douzaines qui s’en sont suivies.

Puis je pense à ma femme, à notre petit garçon, à une cellule de prison de Rotterdam ou de Brixton. Ou Shanghai. Fin de la réflexion, me revoilà dans le bureau.

« Merci, c’est bon à savoir. Mais nous avons un souci avec la pureté », je réponds. « Nous avons noté des impuretés inhabituelles qui ont réduit notre rendement, et nous espérions obtenir un rabais ».

« Je crains que ce soit impossible, mais nous pouvons vous offrir une réduction de 5% si vous pouvez signer aujourd’hui. »

La conversation continue jusqu’à ce qu’on décide qu’il nous faut ce pour quoi nous sommes vraiment venus ici : qu’elle admette que son laboratoire sait très bien ce que nous faisons. Qu’ils sont complices du traffic de drogue international.

« Janet. Je dois vous faire une confidence, » je dis, mon cœur bat la chamade alors que j’essaie de bien la viser dans l’objectif de ma caméra cachée.

« Il faut que ce produit soit livré à Shiphol ou Rotterdam, par avion plutôt que par bateau depuis la Pologne. Nos partenaires ont changé de location et il nous faut votre aide avec la logistique. Pouvez-vous nous aider ? »

Je sais qu’elle dira non, car les aéroports hollandais sont en alerte maximum pour ce produit en ce moment.

« C’est impossible », elle répond. Elle rit et cache sa bouche derrière sa main comme une enfant timide.

« Pourquoi ? », je rétorque, sans ciller ou la quitter des yeux pendant 20 secondes, jusqu’à ce que je la sente visiblement gênée.

« Parce que c’est un sujet sensible, ce produit, tout particulièrement aux Pays-Bas ».

« Est-ce que c’est parce que vous savez que nous allons en faire de la MDMA ou de l’ecstasy ? »

Un battement de cœur. Une pause. Sa timidité a disparu. Elle me rend mon regard, les lèvres pincées, d’un ton plus froid.

« Oui. Nous le savons, elle dit. Donc il faut que ce soit livré par la mer. Nous n’avons pas de contacts dans les aéroports. Seulement les ports maritimes. »

Je suis tenté de sauter de joie sur ma chaise : six mois de mensonges, de traîtrise et de ruses prennent fin. Retiens-toi. Tirons-nous d’ici.

« Il va falloir que nous discutions ça en privé » dit Thilo, feignant l’ennui. « Ce n’est pas ce que nous avions convenu. »

Nous quittons les lieux calmement, et refusons poliment quand Janet nous demande de prendre un selfie dans le lobby. En sortant de l’immeuble, la tension atteint son paroxysme alors qu'on monte dans le van. On s'éloigne en conduisant doucement, les yeux rivés sur le rétroviseur, tout en copiant les cartes mémoire de nos caméras avec de multiples sauvegardes. Au fond d’une ruelle, on regarde les enregistrements. Yes. C’est dans la boîte. Janet n’ira pas en prison. Son visage sera pixelisé, anonyme. Notre boulot est fait.

Nous sortons pour un dîner de célébration, puis pour prendre quelques bières. Enfin, il est temps d’aller se reposer. Mais je ne peux pas dormir.

J’ai peut-être réussi à compléter cette enquête sur la MDMA, et j’ai tout ce qu’il me fallait pour mon article, mais je suis obsédé par le fait que mon travail pourrait mener à la prohibition du même produit chimique qui a permis à la MDMA de devenir aussi abondante ces dernière années. Cette investigation aura-t-elle un impact sur la production de la drogue ? Est-ce que de nouveaux remplacements toxiques vont réapparaître sur le marché ?

Puis je réfléchis. Le problème de la MDMA n’est pas sa pureté, son prix ou l’offre elle-même. C’est le manque de compréhension — une ignorance culturelle fondamentale, systématique de la drogue et de la manière dont elle est utilisée — qu’on doit aux politiciens qui persistent et étendent l’appareil légal absurde qui la bannissent, ainsi que toute les drogues. C’est ça, le problème.

Une nouvelle nuit sans sommeil, la pire de ma vie. Ma femme est malade, à l’hôpital - et mon téléphone était éteint, injoignable. Je fais les cent pas dans ma chambre d’hotel, comme un prisonnier dans sa cellule. Enfin arrive l'horrible arrivée salvatrice de l’aube que seuls connaissent les insomniaques, l’aéroport comme un brouillard, un tampon sur mon passeport, une soupe aux nouilles dégueulasse et le soulagement qui court dans mes veines comme une drogue quand l’avion décolle. Presque trois jours sans fermer l’œil.

Et pourtant je ne peux toujours pas dormir dans l’avion, je suis presque tenté de demander à l’hôtesse de m’assommer. J’écoute du Basic Channel et je me perds dans la répétition des heures durant, puis met le ‘Double Cross’ de Nick Höppner, tiré de la première compilation Ostgut Ton. J’essuie la descente d’adrénaline alors que nous atteignons Heathrow. Atterrissage. Métro. Je rejoins ma femme et la réalité vient me heurter de plein fouet.

Plus tard, je parle à Guy Jones, responsable chez Reagent Tests, qui vend des kits de test d’ecstasy - essentiel pour quiconque souhaite prendre des drogues en limitant les risques. Il me dit que je me fais trop de soucis. La chimie est pleine de ressources.

« Bannir les nouveaux précurseurs est un jeu de dupes. Si les labos doivent utiliser des synthèses plus complexes il le feront, parce que les profits sont énormes. Au pire des cas, l’huile de clou de girofle pourrait être utilisée pour produire de la MDMA moins chère au kilo que le prix actuel au détail sur le marché US. Les prix augmenteraient un peu, mais les gens ne sont pas vraiment affectés par le prix des drogues illégales ». Les intérêts sont beaucoup trop élevés pour que le jeu s’arrête un jour.

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Mike Power est auteur et journaliste d’investigation freelance publié chez de nombreux journaux et magazines anglais dont The Guardian, Lonely Planet, le Mail on Sunday et DrugScope. Son ouvrage Drugs 2.0 est sorti chez Portobello Books.

Traduit de l'Anglais par M.-C Dapoigny

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