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Influences

Dieu, Détroit et le public : les trois influences maîtresses de Terrence Parker

Le producteur se livre sur les motifs essentiels de sa carrière

  • Nora Djaouat
  • 21 August 2017

Détroit a enfanté un grand nombre de producteurs de house music. Parmi eux, Terrence Parker, alias TP, fait figure de modèle grâce à une carrière exemplaire commencée il y a plus de vingt ans. En 1993, il lançait son label Intangible Records & Soundworks pour pouvoir sortir ses productions, mais également celles d’autres producteurs originaires de la Motor City. Il a par exemple accueilli Kenny Dixon Jr (Moodymann) avec l’EP Emotional Content, mais aussi DJ Slym Fas et son Luv Music. Quant à ses productions, on lui doit le fameux ‘Love Is Got Me High’, un titre sorti en 1996 en hommage à Ken Collier, pionnier de la scène house de Détroit. Mais sa discographie entière est pleine de pépites, comme l’entraînant ‘House ghost‘ ou le frénétique ‘Let Your Love Show ‘.

Au début de l’été, Terrence Parker sortait l’album God Loves Detroit sur Planet E, le label de Carl Craig. Sur ce nouveau long-format, il mélange des morceaux taillés pour les clubs (‘BASSments Beats ‘, ‘God Loves Detroit – The Resurrection’) à quelques incursions pleines de douceurs (‘Will You Ever Come Back To Me’, ‘The Sabath’). Nous avons pu échanger avec lui au sujet des éléments essentiels à sa carrière.

La foi

Dans la discographie de Terrence Parker, la foi tient une place particulière. On la retrouve parfois même dans le titre de ses morceaux, comme pour 'Nothing Will Separate Me From The Love Of GOD' ‎et 'Let God Arise' . Mais, avec God Loves Detroit, c’est bien la première fois qu’il y consacre un album : « J’ai envie de donner aux gens un sentiment d’espoir et qu’ils se sentent prêts à affronter les différentes épreuves de la vie. Dieu est avec nous, et il nous aide. Sur mon nouvel album, c’est évidemment le message principal que j’ai voulu faire passer. C’est la foi qui me permet d’avancer et de m’accomplir chaque jour en tant qu’homme. Sans cette foi, je ne serai pas là où je suis aujourd’hui, et c’est pour cette raison que Dieu est si important dans ma musique. »

Détroit

Terrence Parker aime Detroit, sa ville d’origine, mais il voudrait balayer d’une main l’image ternie que la ville traîne aux yeux de certains : « Quand on évoque Détroit, beaucoup et surtout les Européens ont l’image d’une ville anéantie parce qu’ils ont vu des photos d’allées angoissantes, ou d’immeubles abandonnés. Pourtant nous avons une magnifique architecture, et selon moi c’est même l’une des plus belles au monde. Je pense notamment à Central Train Station, c’est un immeuble impressionnant que j’apprécie beaucoup. »

À ceux qui pensent que Detroit est encore sur le déclin, Terrence Parker répond que la ville s’apprête à revivre de belles heures de gloire : « Sur l’album, j’ai voulu parler du Comeback of Detroit. La ville a dû affronter de nombreuses difficultés et de nombreux habitants ont préféré fuir. Mais c’est la vie… On peut être au fond du trou pendant une période et finalement renaître de ses cendres. Ce n’est pas la fin, rien n’est perdu. Et c’est ce qui est arrivé à Détroit ! Des commerces et des bureaux ouvrent, et les gens reviennent peu à peu s’y installer. J’aurais aimé que ces personnes ne partent pas, qu’ils soutiennent la ville dans ces heures les plus sombres mais c’est ainsi. C’est pour eux que j’ai produit le titre ‘Will You Ever Come Back To Me’.»

Le public

S’il est moins connu que d’autres DJs et producteurs originaires de Détroit, Terrence Parker est aujourd’hui l’un de ceux qui tournent le plus. Certainement parce qu’il prend toujours du plaisir derrière les platines à faire vibrer son public : « Je suis arrivé à un stade où j’arrive vraiment à me connecter au public. J’adore voir leurs sourires, c’est vraiment stimulant de voir que tu peux apporter du bonheur aux gens, ne serait-ce que pour quelques heures. Je n’ai jamais pensé à arrêter de faire des DJ sets car cet échange avec le public me manquerait énormément. D’ailleurs aujourd’hui j’y prends encore plus de plaisir mais ça ne veut pas dire que j’ai moins la pression ! Je ne me relâche pas, je fais mon maximum pour les faire voyager et danser autant qu’ils le peuvent.»

Nora est contributrice freelance pour Mixmag France, retrouvez-la sur Twitter.

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