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Gqom: le son underground explosif d'Afrique du Sud qui perce en Europe

Le Club 101 Sud-Africain de Durban est l’épicentre d’une nouvelle scène house urbaine

  • WORDS: WIL CRISP | PHOTOS: AL NICOLL | Traduction: Marie-C. Dapoigny
  • 6 February 2017

Samedi matin à Durban, il est deux heures et les deux dancefloors à peine éclairés du Club 101 vibrent au son hypnotique de la musique électronique forgée dans les cités environnantes.

A l’étage, la terrasse pleine à craquer pulse au rythme de la snare balbutiante et de l’écho infini du ‘Gqom Five’ de Griffit Vigo, alors que le sol tangue sous les pas du public dansant la bhenga, une danse chaloupée et énergique typiquement Durbanaise.

Sur scène, Thuksin, un DJ / producteur de la cité de Lamontville. A l’arrière de la terrasse, de petits groupes de gens épars: quelques uns dansent, d’autres fument la shisha et boivent un verre.

Un synthé sombre se fait entendre, suspendu dans l’air comme un menace - le set de Thuksin - DJ régulier du 101 - s’intensifie, alors que Gift s’arrête de danser et se retourne pour montrer la foule du doigt avec une étincelle sauvage dans les yeux.

Si le DJ posait une aiguille sur une galette deep house, là maintenant, ces gens le tueraient,” nous dit-il. “En ce moment, ils ne veulent que du gqom.

Gqom (prononcé “gom” avec un claquement de langue sur le “g”) est une forme mutante du kwaito Sud Africain qui a évolué au sein des banlieues à dominante Zulu entourant le centre ville de Durban. Au lieu du beat régulier de la house et de la production polie du kwaito commercial Sud-Africain, le gqom des cités emploie des beats breakés et est créé sur des ordinateurs basiques. Les producteurs emploient des samples vocaux répétitifs, de l’écho et des percussions lourdes. Le résultat - un son granuleux, sombre et minimaliste qui n’est pas sans rappeler ceux du dubstep, de la techno et ou le juke de Chicago.

Gqom est le cœur battant de Durban,” dit Gift avec ferveur, les mains jointes sur sa poitrine - ses doigts se rejoignent comme s’il tenait un cœur palpitant au crew de ses mains. Depuis notre rencontre au bar quelques heures plus tôt, il semble avoir à cœur de nous donner une leçon enthousiaste sur la musique électronique sud-africaine et ses sous-catégories - discutant avec verve du dernier remix d’Alicia Keys par le tout puissant et renommé Black Coffee, basé à Johannesburg, jusqu’aux techniques de distribution des producteurs underground de gqom.

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