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Laissons les DJs faire leur job de DJ | Opinion

Tout le monde peut donner son avis, mais on ne peux pas dire à un DJ ce qu'il doit faire

  • Dave Turner
  • 9 August 2018

Imaginez un instant : vous êtes Chef et un client entre dans votre cuisine en vous disant que vous tranchez vos oignons de la mauvaise manière. Un adhérent de la salle de sport remet en question votre habileté à ajuster vous même vos poids. Ou même : vous êtes pompiers et un passant vous dit que vous tenez mal votre lance d'incendie. Il est peu probable que cette situation arrive, quand bien même elle serait déplacée, alors pourquoi les gens trouvent plus acceptable de dire à un DJ ce qu’il devrait jouer ou non?

Cela s’est déjà produit un nombre incalculable de fois. Les commentaires Facebook qui critiquent un DJ pour avoir jouer un set trop rude, les chevaliers du clavier qui supplient de remplacer de la house subtile par de la techno sur Youtube ou la Twittosphère qui s’enflamme parce qu’un artiste a osé clôturer son set par un classique trance un peu cheesy - alors que ces gens là devaient encore se trimballer en couche-culotte quand Kevin & Perry sont devenus les héros de l’Amnesia à Ibiza.

Même si vous avez décidé de vous retirer des réseaux sociaux cette semaine pour éviter de voir les posts relatifs au Dekmantel, auquel vous n’avez pas pu assister, vous êtes quand même au courant que le festival amstellodamois a eu lieu. Et fidèle à lui même, l’événement à laissé place à des moments mythiques. Le jour suivant la clôture de Dekmantel, un festivalier insatisfait a fait part de son désarroi sur le groupe Facebook Identification of Music Group en demandant : «Est-ce que quelqu’un pourrait me donner le nom de ce track EDM d’Avicii que Objekt a joué sur la scène UFO vendredi? Parce que ce morceau est vraiment à chier et je vais le poursuivre en justice.»

Note: le track n’était pas d’Avicii. Et ce n’est même pas de l’EDM. C'était le track coloré de Sophie ‘Immaterial’. Le problème serait donc que le très branché Objekt, le producteur à l’origine de l’un des 100 meilleurs tracks entendus en 2017 au Dekmantel ‘Theme From Q’, a osé passé quelque chose d’inattendu *émoji qui hurle de terreur*. OMG! Comment a t-il pu breaké un set enivrant avec un morceau plus joyeux dans lequel on entend une voix de Chipmunk !? Il faut se rappeler que les festivals sont censés être festifs, ou cet inconnu a t-il simplement oublié que faire le buzz avec un post un peu salé sur les réseaux sociaux est bannissable?

Deux semaines auparavant, le poulain du label Brainfeeder Ross From Friends a été interpellé pour avoir joué 'Better Off Alone' de Alice Deejay lorsque le public lui a demandé en chantant de passer ‘un dernier son’ au sein même de nos bureaux pendant le Lab LDN.

«Absolument inutile de se mettre au niveau de [Denis] Sulta» indique l’un des commentaires qui fait référence à la tendance du DJ écossais de passer des tracks trance euphoriques dans les clubs et les festivals du monde entier. «Ah, il a fini sur ça» peut-on également lire. Tout le monde peut donner son opinion, c’est un fait. Mais on pourrait peut-être se concentrer sur cette célébration pour la sortie de son premier album? En plus, il est assez clair que la foule a apprécié ce bref voyage au coeur des années 2000.

La productrice Rebekah affiliée au label Soma Records a confié dans une interview avoir lancé son label Elements et ses propres soirées showcases parce qu’elle était accusée à l’époque de passer une musique «trop violente et trop rapide». Mais si elle veut bombarder avec de la techno, libre à elle d’en décider. Rappelons que la dance music a été fondée sur des principes de liberté et d’expression.

Il y a ceux qui n’aiment pas la techno, et ceux qui l’apprécient. Prenons le cas de Nina Kraviz lorsqu’elle s’est produite à Melbourne en 2016. Certains membres du public étaient tellement énervés à cause d’un «set de rave sauvage» pas assez techno selon eux, qu’ils ont demandé à être remboursés. Que Dieu pardonne les artistes qui n’ont pas une approche de la techno qui sort de l’archétype et dépasse les 140 BPM - son set «hors-piste» était composé de tracks implacables comme Shadowwax's 'I Want To Be A Stewardess'! Nina a appelé son label трип (que l’on prononce 'trip') pour une bonne raison. Pas besoin de scroller des heures les pages internet pour comprendre.

Le long post de Nina au sujet de la critique dit : «ils voulaient trois heures de récit long et régulier». Deux ans plus tard, Jackmaster témoigne du même sentiment. «Ce qu’ils veulent aujourd’hui sur la plupart des dancefloors, c’est d’entendre une sorte de familiarité, des crescendos, un rythme régulier. De nos jours, le public semble aimer la musique plus dure, mais il faut éduquer leurs esprits et peut-être même exploser les codes!». Il a raison. Si vous n’êtes pas ouvert au fait qu’un DJ vous présente de la musique que vous ne vous attendiez pas à écouter, vous devriez rester à la maison et regarder des archives vidéos du second Summer Of Love.

Les DJs sont payés pour jouer. C’est leur job. S’ils décident d’utiliser la scène pour explorer de nouveaux sons et traverser les genres, s’amuser un peu ou être studieux avec ce qu’ils amènent sur le dancefloor, il faut les laisser faire. La prochaine fois que vous voudrez injurier Skream pour avoir une nouvelle fois débuté son set par du dubstep, prenez une seconde pour vous rappeler qu’il est probablement plus qualifié que vous dans un DJ booth.

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