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Politique et dance music sont intrinsèquement liées, inutile de le nier

Dire aux DJs de “s’en tenir à la musique” révèle une ignorance flagrante de l’essence de la culture électronique

  • PATRICK HINTON | ILLUSTRATION: VASSILIS SKANDALIS
  • 16 February 2017

Certains fans d’électro refusent d’accepter un quelconque degré d’engagement politique de la part d’artistes, figures ou même de publications spécialisées. Et ça rend pour le moins perplexe.

On ne parle pas de lever les yeux au ciel aux prises de paroles occasionnelles d’un DJ qui apparaît sur la timeline pour faire son intéressant. Ce à quoi je me réfère, c'est un rejet absolu de la simple notion de conscience politique dans la musique électronique. On peut voir ces sentiments surgir et s’exprimer sur des groupes Facebook, @ réponses ou encore les commentaires sur Instagram - un phénomène de plus en plus répandu. A titre d'exemple, deux faits flagrants se sont déroulés récemment.

Dave Clarke a annoncé qu’il ne performera plus aux Etats-Unis, citant le “misogyne narcissique et raciste président en exercice” comme la raison majeure de sa décision. Cette phrase a suscité des réactions de “laisse la techno en dehors de la politique” à la réplique tranchante “Désolé, je pensais que j’étais sur la page de Dave Clarke, j’ai dû tomber sur celle de Billy Bragg par accident! Qu’est ce que fout la politique ici ?” Ces commentaires ne contestent pas les motivations du choix de Clarke, mais juste du simple fait qu’il s’engage en politique.

Zedd a fait face à des réactions similaires lorsqu'il a tweeté une citation de Thomas Jefferson avec un post en solidarité aux manifestations et mobilisations dans les aéroports américains. C’est pourtant clair: pourquoi un allemand né en Russie, vivant aux Etats-Unis grâce à un visa, devrait se préoccuper d’une politique visant les immigrés? C’est un sujet sur lequel il peut émettre un avis.

Et au moins aussi parce que la sacro-sainte constitution américaine protège la libre expression sous toutes ses formes, des plus complexes aux plus abominables. Bien entendu, on ne met pas tous les followers de Zedd dans le même sac. Mais on peut quand même lire quelques “Reste fidèle à la musique plutôt que de répandre des jets politiques de merde” pendant qu’un fan russophone rétorque “Ne te mêle pas de politique… Je comprend ce que tu as ton mot à dire, mais ce n’est pas nécessaire”. Ce genre de commentaires a été publié quelques jours avant que le DJ Darius Syrossian, né en terre iranienne, ait été contraint d’annuler ses dates aux Etats Unis en raison de la loi de Trump interdisant les ressortissant de certains pays étrangers à voyager dans le pays

Souvent, ces attitudes semblent fondées sur le non-vouloir d’un assemblage de sources de divertissement et de commentaires politiques. Les commentaires comme “Tiens-toi en à la musique” relaient le message intrinsèque “Je viens te voir pour ton art, pour tes prouesses de DJ, pour tes compétences qui me divertissent, et rien d’autre”. Mais électro et politique, quelle que soit la manière dont on aborde le problème, sont intrinsèquement liées.

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