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Derrière la house berlinoise de Robert Dietz

En 10 ans de carrière, le producteur de Francfort a affirmé un style versatile

  • Camille-Léonor Darthout
  • 17 July 2018

Les années 90 connaissent l’âge d’or de la techno en Allemagne. Débarqué de Detroit à la fin des années 80, le mouvement s’empare rapidement des émissions de télévision et de radio, les vinyles arrivent dans les bacs des disquaire et le genre s'impose sur le dancefloor des clubs. Un jeune fan découvre en même temps que toute une génération une musique marginale, anti-commerciale et libérée. Son nom : Robert Dietz. D’abord intrigué, l’adolescent devient passionné. Il fera de la musique électronique son métier, une carrière de plus de 10 ans désormais rythmée par des dates internationales, des centaines d’heures en studio et la création de sa propre maison de disque. De ses premières sorties sur Running Back à son émancipation sur son label Truth Be Told, de son Francfort natal à sa ville d’adoption Berlin, de la techno à la house et de l’Europe à l’Asie : Robert Dietz revient sur un hobby devenu raison de vivre.

L’Allemagne ne se résume pas à Berlin. Ni à la techno. Le fer de lance de Robert Dietz c’est Francfort, et la house. Là où tout à commencé pour lui alors qu’il n’est qu’un adolescent du coin qui découvre de nouvelles sonorités dans ses émissions préférées : la musique électronique. D’abord par simple intérêt, il commence à explorer les records shops et collectionner les disques.

Il devient DJ puis passe en studio, influencé par des pionniers de la musique électronique comme Sven Väth et surtout Ricardo Villalobos.

« Je crois qu’on peut appeler ça un génie. Sa sélection musicale, les différents styles qu’il combine. L’ambiance qu’il crée grâce à cela est très intense. C’est différent de ce que font les autres artistes »

La première décennie du XXIe siècle est bien avancée, Robert Dietz fait ses armes de producteur sur des labels tels que Cécille Numbers, la maison de Serafin et de Luciano Cadenza Be Chosen ou encore Running Back, de Gerd Janson. Tandis que les sorties et les dates s’enchaînent, le temps passe et la scène change. Internet prospère et les réseaux sociaux prennent leur place dans l’industrie musicale. Sept ans après la sortie de ses premiers EPs, Robert Dietz veut revenir à la production, il quitte ses labels et crée le sien en 2015 : Truth Be Told. Un projet qui prend un direction différente de celle imaginée par son instigateur.

« Je voulais créer un label pour promouvoir des artistes et des nouvelles sorties. Et puis finalement, TBT est dédié à mes productions. Il y a beaucoup de musiques différentes, c’était une manière de présenter ma propre vision des choses. Ma propre vérité ».

Robert Dietz est un producteur versatile, parce que sa musique est dédiée à la communication d’émotions, de ses émotions. La linéarité ne fait pas partie de ses priorités, ce que le producteur promulgue c’est une ambiance et un moment. Pas de techno, pas de house, mais un tout.

Le processus créatif est connexe avec les humeurs. Pour se réinventer il faut être vrai. « Quand je rentre en studio, c’est toujours pour faire quelque chose à propos de ce qui va capter mon attention sur le moment, de mon mood, de mes émotions. Je ne peux pas toujours produire la même musique, c’est impossible pour moi. »

Si Truth Be Told laisse Robert Dietz aller au gré de ses envies, il ne s’éloigne jamais loin de la scène internationale. Sous son alias R10, il prépare la sortie d’un remix sur le label autrichien Do Easy pour septembre. En octobre, c’est sur le label anglais E-Beamz que le producteur dévoile un mini-album. Robert Dietz a également participé à une compilation sur le label londonien Unknown To The Unknown.

Installé à Berlin, Robert Dietz garde une attache singulière avec sa ville natale Francfort. Il y retourne tous les deux mois pour visiter le disquaire Gosu Shop et rencontrer les artistes montants de la scène locale. Dans la capitale, Robert continue d’explorer une scène riche et éclectique, qui laisse place à toutes les musiques, bien au delà de la techno qui lui est généralement assignée.

Il découvre le club Heideglühen : une communauté éclectique, une sélection qui laisse place à un catalogue musical de la classic house à la minimal. Un club qui rassemble autour de la musique, pas de l’argent. Une foule réceptive, où les valeurs de liberté et d’ouverture d’esprit sont maîtresses. Une même joie de vivre qui - selon l'artiste - s’empare progressivement des nations de part et d’autres du globe et en particulier de pays avec des politiques répressives.

C’est le cas en Géorgie, longtemps prise dans l'étau liberticide de l’URSS et désormais terre d'accueil d’une scène rave très active et défendue par sa population de fêtards. Mais aussi de la Chine, de laquelle il revient tout juste de tournée.

« J’ai été agréablement surpris par ce que j’ai vu là-bas. La population est moins libre que le public européen à cause de leur politique et de leur mœurs. Ils savent ce qui se passe en Europe, et ils veulent la même chose. Il y avait une énergie incroyable pendant les shows. Les gens criaient, sautaient. En Europe, on est parfois fatigué, parce qu’on peut aller en club tous les week-ends si on veut. Pour eux, l’occasion est moins fréquente. »

Robert Dietz est retourné temporairement en studio depuis son périple en Asie et en Amérique du Sud. Il souhaite confectionner quelques nouveautés pour sa prochaine date à Paris le 21 juillet. Une soirée sur la péniche Monsieur Mouche à la tombée du jour, entre Seine et Terre. Estivale et panoramique, cette vue de Paris sera sans doute à la hauteur des attentes du producteur : inspirante, vibrante et emplie d’émotions.

Retrouvez Robert Dietz pour un DJ set spécial Sunset le 21 juillet sur la péniche Monsieur Mouche à Paris.

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