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Culture

Wave : un nouveau genre émotif avec son propre écosystème

Né dans l’univers digital, le genre est passé d’URL à IRL

  • Texte: SAPPHIRE PLANT | IMAGES: CHRIS SPEED
  • 27 April 2017
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Kareful, sans aucun doute l’artiste anglais du genre le plus pro-actif, ferme la danse après HNRK. Son éthique professionnelle a redoublé au cours des douze derniers mois, porté par le désir d’unir les artistes disparates de la scène et de faire percer le son. En Mai dernier il est passé à Fabric, et il a déjà joué au légendaire Razzmatazz de Barcelone deux fois. Il a aussi lancé le tout premier show radio 100% wave avec son ami LTHL sur Radar Radio. Intitulée Liquid Ritual, l’émission met en lumière des hordes de producteurs wave inconnus. Le set de Kareful est sans nul doute le plus dynamique cette nuit-là, et merge les mélodie délicates de la wave avec des interludes trap et grime. De belles montées incluent son propre titre ‘H20’ et le ‘Children Of Gaia’ de Sorsari. Sa sélection démontre la qualité intrinsèque de la connection entre wave, son cousin américain le trap et son parent proche, le grime. Il y a des échos des atmosphères glaciale de Wiley dans les morceaux wave, découpés avec les trilles hachées des beats du trap. Et cela raconte toute une histoire, comme le note la mère de Kareful, Lucy, qui est aussi à la soirée Yusoul pour cette nuit important « à la qualité cinématique, » elle nous dit. « Je peux imaginer cette musique sur la bande-son d’un film, elle a un telle capacité à transposer des émotions. »

Les fans de wave sont toujours partants pour faire des rencontres, nouer des liens et discuter du futur du genre et de son développement, en ligne sur Reddit et Soundcloud et dans les soirées. C’est une culture qui se nourrit elle-même: ceux qui sont impliqués savent que quelque chose se passe, il guident le mouvement, estiment sa direction et utilisent leur expérience pour le pousser vers l’avant. C’est un processus de transmission du savoir, alors que des producteurs plus expérimentés diffusent leurs astuces et les programmes aux jeunes artistes et poussent leur musique, en reposant sur leur page Soundcloud pour leur donner de la visibilité.

Les organisateurs d’évènements mettent un point d’honneur à obtenir les bon visuels pour accompagner la musique, ce qui donne aux nouveaux artistes l’opportunité de démontrer leur travail à une audience en live dans des conditions optimales. Ce qui n’est pas sans rappeler les toutes premières heures de la scène, lorsque de tous jeunes producteurs créent des morceaux pour accompagner des illustrations digitales naïves sur Tumblr, et vice-versa. À Yusoul, Chris Speed est derrière l’identité visuelle de la soirée, un artiste spécialisé dans l’animation 3D dont le travail est souvent incorporé dans leurs évènements, leur apportant une esthétique visuelle propre.

Son visage bariolé par les projections du travail de Speed, le style de Kareful est précis. Il fait appel à des techniques de mix variées, cuts, échos, reverb… Jamais la même chose, mais n’attendez pas des transitions de deux minutes non plus. Cette musique a été créée en dehors de l’environnement du club et le mixing doit parfois être créatif. Mais Kareful est désormais expert en la matière ; il suffit d’écouter son récent mix pour le blog de Fabric pour s’en rendre compte. Alors qu’il porte une emphase certaine sur son propre label Liquid Ritual, le producteur basé à Romford est très optimiste quant à l’avenir du nouveau genre.

« Ce soir est très important pour nous, une nouvelle étape. Nous poussons le son aussi loin que nous pouvons; des labels se créent, l’audience grandit chaque semaine, » il dit. « Il y aura d’autres de ces moments-clef qui font avancer les choses. Mon ami hollandais Devcrow vient de faire un mix pour Annie Nightingale, Toddla T a passé certains de mes morceaux sur Radio 1… des choses se passent. »

Enormément de soutien leur arrive de la ville de Bristol également, un des fiefs traditionnels de la bass music britannique. Le présentateur radio de BBC Bristol Thadeous Matthews est en ville pour cette première performance de Klimeks, il tourne un documentaire sur le genre. « J’ai passé 3 heures sur la route pour être ici ce soir, » nous raconte l’animateur et propriétaire du label Pear Drops. Il porte sa main à son coeur « parce que tout est là. »

Le wave ne s’est pas uniquement concrétisé dans l’enceinte des clubs anglais. Le genre s’installe également aux Etats-Unis. Comme le membre de Wavemob et producteur Californien Foxwedding nous dit, « c’est une grande année pour la wave aux USA… la scène avance à toute vitesse, c’est beau. » Des artistes comme Brothel, Noah B, Sorsari au Canada et bien d’autres, plus des artistes comme Lil Peep emploient les producteurs wave comme beatmakers, chevauchant leur morceaux avec un rap anarchiste, inspiré de la culture punk.

Quoiqu’il en soit, ceux qui ont fait l’expérience de cette vibe auront du mal à lui tourner le dos. Comme le dit Kareful, « Voilà enfin le son qui résume les sentiments de ma génération, pas seulement physiquement ou spirituellement -, mais aussi politiquement. C’est une réaction à l’état du monde - sombre, mais il y a de la lumière au bout du tunnel. » Alors qu’il joue le dernier morceau de son set, on peut sentir le début de quelque chose de nouveau et d’inspirant. Une nouvelle vague.

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