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En Israël, Acid Arab choisit de se produire dans des salles palestiniennes

« Nous ne sommes pas anti-Israël, mais nous avions besoin de corriger un point : ceux que nous soutenons, c’est le peuple de Palestine »

  • Marie-Charlotte Dapoigny
  • 17 November 2017
En Israël, Acid Arab choisit de se produire dans des salles palestiniennes

Dur d’oublier l’indignation générale, les pétitions et les réponses enflammées de Thom Yorke à la presse lors du récent passage de Radiohead en Israël. En dépit des critiques, le groupe avait pris le parti de balayer toute considération politique au nom de l’universalité de la musique. Il est bien difficile pour les musiciens en tournée internationale, ceux des milieux alternatifs en tout cas, de ne pas s’enferrer dans un débat épineux lorsque vient se poser la question des dates de tournée dans l’État Hébreu. Mais pour Acid Arab, duo dont la musique est très populaire en Israël, la réponse, si polémique qu’elle soit, est toute trouvée : les DJs mettront exclusivement les pieds dans des salles palestiniennes lors de soirées « organisées par des promoteurs palestiniens ».

C’est donc à Jaffa, la partie arabe de Tel-Aviv, ainsi qu’à Haïfa, une ville du Nord d’Israël connue pour la coexistence des populations arabes et juives, que Guido Minisky et Hervé Carvalho ont décidé de se produire. Une décision qui n’a naturellement pas fait l’unanimité chez leurs fans, et qui a provoqué de vives réactions sur leur post Facebook. Le patron du label Versatile, DJ Gilb’R, qui avait signé leurs deux premières sorties, s’est lui-même dit « énervé, mais surtout attristé » par ce revirement, « un piège qu’ils avaient réussi à éviter pendant des années. »

Avec une annonce officielle publiée en Anglais et en Arabe, ils affirment vouloir répondre à des « éléments de propagande » les qualifiant de pro-israéliens. Dans leur interview donnée au quotidien israélien de gauche Haaretz, le duo explique : « nous étions assez naïfs pour croire que notre projet musical pouvait détruire les barrières et que nous ne nous produirions que devant les bons citoyens d’Israël. Mais nous avons compris récemment que c’était une mission impossible, car le gouvernement israélien, dont nous considérons la politique comme étant basée sur le rejet et l’occupation, est beaucoup trop impliqué dans chaque aspect de la vie culturelle à Tel-Aviv. Nous avons donc décidé de ne plus nous produire dans des salles non-palestiniennes et de ne plus apparaître dans des événements liés à Israël à l’étranger.»

Au mois de septembre, Nicolas Jaar avait choisi d’éviter complètement la ville de Tel-Aviv et de se représenter exclusivement à Ramallah, en Cisjordanie.

Via : Libération

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