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Le concert de Kraftwerk en Argentine échappe de justesse à l'annulation

A seulement 10 jours du jour J, le jugement d'appel autorise l'événement

  • Clark Engelmann
  • 16 November 2016
Le concert de Kraftwerk en Argentine échappe de justesse à l'annulation

Les légendaires Kraftwerk, actuellement en tournée mondiale, ont bien cru voir leur date argentine du 23 novembre annulée. Leur musique, "trop électronique", "trop répétitive" et "trop synthétique" - prenez l’expression au pied de la lettre, car trop de synthétiseurs - aux yeux de la nouvelle législation en vigueur en Argentine, passe néanmoins à travers les mailles du filet : les raisons ? un public adulte, la possibilité d’acheter et de consommer des boissons sans alcool, le fait que l'événement soit "non-dansant" et la durée de l’événement, deux heures grand maximum - un "concert", en somme - . De facto, ces critères considérés comme des « différences substantielles et précises » semblent justifier l’exception à la règle. Mais de quelle règle parlons-nous ici ?

A l’origine de cette loi liberticide, le décès par overdose de cinq jeunes festivaliers à l’occasion du Time Warp argentin en avril dernier. Or, l’organisation du festival est elle aussi blâmable et pas qu’un peu ; pas d’accès à l’eau potable - nous sommes en Amérique Latine, l’eau courante en Argentine comme dans presque tous les autres pays latino-américains n’est pas potable - , des postes de sécurité insuffisants, très peu de prévention et une culture de la rave et des grands événements électroniques encore balbutiante. En vérité, c’est avant tout la négligence et le non-professionnalisme des organisateurs qu’il fallait pointer du doigt. Cela n’a pas empêcher le gouvernement argentin de prendre les mesures qu’il estimait nécessaires et efficaces, c’est à dire l’interdiction pure et simple d’événements et fêtes électroniques dans le pays. Même aux yeux de la population cette loi est excessive, la consommation de stupéfiants n’étant pas l’apanage des aficionados de musiques électroniques, rappelons-le.

Cela fait écho à un autre litige, plus proche de chez nous - outre-manche pour être précis - et vérifie encore une fois une triste vérité ; le trafic et la consommation de stupéfiants sont - tout du moins pour le législateur, et pour une grande partie de la société civile - l’indissociable pendant négatif des musiques électroniques, autrement dit, le contrôle et l’éradication des premiers ne peut se faire que par la suppression des seconds.

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