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Tbilisi: la Géorgie enquête sur les descentes de police dans les clubs

60 personnes ont été arrêtées à Bassiani et Café Gallery samedi dernier

  • Marie-Charlotte Dapoigny
  • 14 May 2018
Tbilisi: la Géorgie enquête sur les descentes de police dans les clubs

Le gouvernement géorgien tente d'apaiser une nation divisée : après plusieurs jours de manifestations exigeant la démission du Premier Ministre et du Ministre de l’intérieur géorgiens, les ravers de Tbilisi ont décidé d’ajourner leurs rassemblements jusqu’à la semaine prochaine.

Plusieurs milliers manifestants se sont rassemblés trois jours durant suite aux descentes de police dans les clubs Bassiani et Café Gallery dans la nuit de vendredi à samedi. Le but officiel des ces raids - l’arrestation de dealers dans l’enceinte des clubs - a été remise en question quand il a été révélé que 8 des suspects en question avaient été arrêtés à l’extérieur des clubs et ce avant même que les raids n’aient eu lieu.

La situation s’est embrasée quand la police a recouru à la force pour disperser le rassemblement de sympathisants à l’extérieur du Bassiani, faisant de nombreux blessés parmi la foule dont plusieurs journalistes.

Le ministre de l’Intérieur Giorgi Gakharia a promis d’ouvrir une enquête sur ces violences policières, s’excusant pour les événements ayant eu lieu dans les premières heures de la matinée de samedi. L’incident impliquait les co-fondateurs du club Bassiani Tato Getia et Zviad Gelbakhiani, tous deux arrêtés aux côtés d'une soixantaine de personnes.

S’addressant aux manifestants, Gakharia a dit : « Je vous présente mes excuses, au nom des employés du ministère si l'un d’eux a attenté à vos droits ».

Beka Tsikarishvili, un des porte-étendards du mouvement protestataire et membre du groupe pro-dépénalisation White Noise Movement, a déclaré que les rassemblements seraient suspendus jusqu’au 19 mai. Si rien n’a changé d’ici là, ils poursuivront leur action. Les manifestants ont rencontré le ministère de l’Intérieur et le Défenseur Public des Droits pour discuter des raids policiers, plusieurs rencontres successives devraient avoir lieu dans les jours qui viennent.

La Géorgie a l’un des systèmes juridiques les plus stricts d’Europe en matière de drogues ; un détenu sur trois y sert une peine liée à l’usage ou au traffic. Une réforme judiciaire sur la criminalisation devait être discutée et adoptée d’ici fin juin. Le Premier Ministre Giorgi Kvirikashvili avait déclaré qu’une sévère répression serait maintenue pour les dealers, mais que les consommateurs feraient l’objet d’une approche plus souple.

Plusieurs manifestations d’ampleur ont eu lieu ces dernières années dans le pays en défense d’une politique de lutte contre les stupéfiants plus libérale et respectueuse de la dignité humaine, traitant l’usage de stupéfiant comme un problème de santé publique et non un crime, en adéquation avec les dernières recommandations de l’ONU et de l’OMS. Un problème épineux pour le gouvernement et qui est loin de faire l’unanimité : les débats sur la question de la dépénalisation ont fait rage ces derniers mois, ajournant les séances de l’Assemblée plusieurs fois.

Face aux récents rassemblements, plusieurs groupes d’extrême-droite ont organisé des contre-manifestations, accusant les sympathisants de propagande pro-drogues et LGBT, certains ont même donné des saluts nazis et ont tenté de franchir les barrages de police pour attaquer les manifestants. En dépit de la trêve annoncée, ces groupes ont affirmé vouloir poursuivre leurs rassemblements quotidiens.

Café Gallery et Bassiani sont tous deux des établissements reconnus et particulièrement affectionnés de la communauté queer locale. Bassiani est une des plaques tournantes de la scène club européenne, reconnu pour ses soirées underground et LGBT+. Le club a fait l’objet de nombreuses accusations ces dernières semaines suite à la mort de quatre personnes par overdose d’une substance inconnue dans le pays. L’établissement a rejeté ces accusations le 7 mai dernier, expliquant que la vie nocturne de Georgie fait l’objet de mise au pilori et de diffamation par les forces « réactionnaires » et « pro-russes ».

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