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Un doctorat posthume pour Delia Derbyshire, pionnière de la musique électronique

Hommage à la vie et à la carrière d'une grande conceptrice et compositrice sonore

  • Sixtine Josselin
  • 1 December 2017
Un doctorat posthume pour Delia Derbyshire, pionnière de la musique électronique

La regrettée Delia Derbyshire, célèbre compositrice britannique et pionnière de la musique électronique, a reçu un diplôme honorifique de l'Université de Coventry. Sa musique est connue du grand public pour le générique de la série Doctor Who, dont elle a créé l’arrangement. Retour sur la vie d’une artiste hors pair, qui a influencé la scène grâce à une passion inébranlable et une maîtrise des machines sans pareille.

Née le 5 mai 1937 et décédée le 3 juillet 2001, Delia Derbyshire s'est formée à la Grammar School de Coventry et à Cambridge, d’où elle sort diplômée en mathématiques et en musique. Boudée par les écoles pour s’être trop concentrée sur son piano, elle rejoint la BBC en 1960 en tant que directrice adjointe. Elle y conserve plusieurs années sa place à l’atelier radiophonique (« BBC Radiophonic Workshop »). Première femme qualifiée en études supérieures de musique, elle est difficilement reconnue à ses débuts, quand bien même l’atelier radiophonique connaît un succès fulgurant.

Delia Derbyshire travaille ensuite sur la théorie musicale des sons électroniques : elle s’approprie la musique concrète, fondée sur la création de sonorités provenant de divers enregistrements (naturels – ressorts, instruments, ou électroniques). Ses fondations ont été développées en France par Pierre Schaeffer et François Bayle depuis les années 1970. Un mouvement qui ne cessera de s’accroître dans notre pays, notamment grâce à Denis Dufour, Marcel Frémiot ou encore Philippe Mion. Elle crée d’ailleurs un studio à Camden Town avec Brian Hodgson, compositeur et ingénieur du son, mais y préfèrera finalement le sien à Maida Vale. Elle connaît son plus grand succès dans les années 1960 et 1970.

« Les gens semblent penser que je ne fais que travailler avec des bruits bizarres, que ce n'est pas très sérieux […]. Je pense que beaucoup de personnes ont une sorte de blocage avec la musique électronique, ils pensent que c’est effrayant et oppressant ». (The Guardian, 3 septembre 2014)

L'université de sa ville natale, Coventry, a décidé de lui décerner un doctorat posthume. L'institution prévoit également de lancer une série d'ateliers en son nom pour promouvoir les intérêts musicaux et mathématiques chez les jeunes étudiants.

Le nom de Delia Derbyshire reste gravé dans l'histoire de la musique et on continue d'ailleurs de célébrer son succès à Coventry, qui a donné son nom à une rue en 2016. Outre le succès du générique de Doctor Who, elle a représenté l'Angleterre en tant qu’importante conceptrice et compositrice sonore tout au long de sa carrière, tant pour la scène qu'au cinéma, souvent avec une approche étonnamment ludique : on se souvient des titres fantaisistes créés à partir de sons d’animaux dans « Zoos of the World ».

Alors qu’elle s’est retirée du milieu par déception de l’évolution de la musique électronique, peut-être trop éloignée de sa conception intellectuelle, elle voit dans les années 1990 le retour de valeurs musicales qu’elle appréciait. Aujourd’hui, elle inspire encore beaucoup d'artistes électronique de renom comme Aphex Twin ou les Chemical Brothers.

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