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Reportage

Bicep live & Hammer au Yoyo de Paris

  • Élodie Vitalis • Photo : © Fresh To Death
  • 7 June 2017

De bloggers curateurs à DJs du top 100 Resident Advisor, le duo Bicep aura réussi à gravir les échelons patiemment et à séduire un public toujours plus nombreux grâce à une sélection pointue ainsi qu’une esthétique et une identité sonore implacables. La suite logique de leur histoire semblait donc bien être un live qu’ils ont présenté pour la première fois en 2016 et qu’ils sont venus jouer en France au Yoyo - Palais de Tokyo à Paris le 19 mai dernier.

Aussi surprenant que cela puisse paraître, l’histoire du duo irlandais commence avec un blog, Feel My Bicep, qu’ils créent en 2008 alors que l’un vit à Dubaï et l’autre à Londres. Il y sélectionnent et postent des dizaines de morceaux par jour dans des genres très différents, entre vieux classiques italo-disco, pépites garage, house de Chicago et techno de Detroit. Une façon pour ces amis d’enfance d’archiver et de compiler toutes leurs trouvailles tout en gardant un contact privilégié malgré la distance qui les sépare. Mais cela ne se limite pas à cela : la démarche séduit un public grandissant qui prend plaisir à venir découvrir et redécouvrir les morceaux sélectionnés par le duo, et le blog finit par attirer plus de 100 000 visiteurs par mois. En parallèle, Bicep travaille sur ses propres productions et signe un EP sur le fameux label AUS Music avant de créer leur propre label en 2012, Feel My Bicep, avec l’aide de leur ami d’enfance Rory Hamilton - plus connu sous le nom de scène de Hammer. La suite logique de leur histoire ne pouvait donc être que la préparation d’un live qu’ils sont venus présenter au Yoyo - Palais de Tokyo à Paris le 19 mai.

A notre arrivée à 0.45, c’est donc Hammer qui est aux platines alors que la salle est déjà remplie aux trois quarts. Il mêle house UK et disco avec le savoir faire qu’on lui connaît pour un set punchy dans lequel on reconnaît avec plaisir quelques unes de ses productions.

Aux alentours de 2 heures, la table de Hammer est déplacée sur le côté gauche de la scène alors que ce dernier termine son set. Le public qui comprend que le live est sur le point de débuter se masse devant la scène. L’excitation est palpable dans la salle. Bicep entre sous les applaudissements et se prépare tandis que Hammer lance son dernier morceau.

Lorsqu’il se termine, les deux artistes applaudissent Hammer avant de se plonger dans leurs machines. Leur logo dont les contours ont été surlignés en vert fluo apparaît sur l’écran derrière eux et tourne lentement dans le sens des aiguilles d’une montre. Ils entament leur live avec plusieurs morceaux inédits qui sortiront sur leur prochain album. Des morceaux aux nappes de synthétiseur planantes annonciatrices d’un petit voyage dans les étoiles en guise de début de live. Le public découvre avec enthousiasme ces morceau inconnus mais dont les sonorités bien fidèles à l’esthétique du duo.

Le logo continue de tourner inlassablement sur l’écran tandis que l’on reconnaît la rythmique garage de Just qui s’invite sur les synthés du morceaux précédent. Arrive la fameuse mélodie sous les cris du public qui exulte. Les jeux de lumières dans les tons bleus et violets s’intensifient à mesure que le morceau progresse. Et lorsque la mélodie s’éteint, c’est pour laisser place aux vocales robotiques de leur mythique remix de Higher Level (Isaac Tichauer). La pression monte alors que les basses martèlent la salle et le public qui saute en rythme. Encore une fois, le morceau en cours finit par se fondre dans le suivant. On n’entend plus que les basses sourdes et le sample vocal de Higher Level tandis que montent les accords de synthétiseur de leur remix du classique In Yer Face de 808 State. Les spots font fuser leurs raies de lumières dans tous les sens et accentuent l’ambiance électrique du moment. Une voix répète inlassablement “at a higher level” alors qu’une autre prévient “in your face”. Le public est entraîné dans la rythmique implacable caractéristique du duo qui conclut ce climax en enchaînant sur un morceau plus planant. Comme une respiration avant repartir de plus belle quelques minutes après. Et c’est en effet avec leur remix de Lovelee Dae que l’intensité remonte d’un cran. L’exceptionnel travail de percussion du morceau résonne dans la salle et la voix féminine diffuse ses ondes solaires et positives sur le public.

“ A lovelee dae / And the sun is shining / Everywhere I go / I see children smiling”

[Un jour sublime / Et le soleil brille / Partout où je vais / Je vois des enfants sourire”

Suivent d’autres morceaux inconnus que l’on découvre avec bonheur jusqu’à LA fameuse unreleased - aussi renommée “ID-ID” tant elle a éveillé la curiosité et suscité de demande d’ID sur les réseaux après avoir été jouée dans de nombreux sets, et dont Bicep a teasé la sortie sur Instagram pour ce mois-ci. Sa mélodie stellaire envoûte un public survolté qui n’en finit pas d’applaudir et de crier tandis qu’une constellation lumineuse se forme au plafond grâce à des projections bleutées. Enfin le drop arrive et les basses résonnent. A nouveau les vocales de Just - “I’m just the same’ - se font entendre mais c’est Sacrifice, que Bicep a produit avec Simian Mobile Disco, qui retentit pour un petit edit live. Le logo qui tourne toujours sur l’écran est revisité aux couleurs de l’arc-en-ciel et les spots n’en finissent plus de jeter leurs rayons sur la foule pour un final survolté. Au bout d’une heure et demi, la prestation se termine sous les applaudissements chaleureux du public.

Ce sera donc un live d’une efficacité redoutable que nous aura offert le duo Bicep ; sans accroc, sans fausse note, mais avec peut-être aussi un léger manque de prise de risque. Toujours est-il qu’ils auront été à la hauteur du challenge. Prochaine étape : l’album dont la sortie est normalement prévue ce mois-ci.

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