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Rendez-nous nos physios!

Pourquoi a-t-on besoin des physios - et quelles sont ses véritables missions ?

  • TONI TAMBOURINE
  • 23 August 2016
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Je suis devenu le physio du Hanover Grand, maintenant détruit, à la fin des années 90. C’était un endroit où la mode se mêlait à la musique : il n’y avait pas de règles et tout le monde était beau. Il y avait des drag queens qui attendaient à la porte, le soundsystem était puissant et on voyait des DJs comme Lee Burridge ou Craig Richards ou encore Seb Fontaine. Il y avait toujours une longue et large file d’attente et les gens arrivaient très tôt. Il n’y avait pas de préventes, tu tentais ta chance en attendant dans le froid. Quand tu arrivais à hauteur de la porte, tu me voyais, moi : un type maigre avec les cheveux bleus et une veste en argent métallique.

Si vous n’étiez pas habillés comme on le souhaitait, alors c’était non – « Please step aside, you didn’t cut it tonight ». Généralement, les gens n'écoutaient pas donc le videur les faisait partir. Pour ceux qui étaient limite, je testais leur attitude pour voir si elle me convenait. On leur demandait de chanter leur chanson préférée d’Elvis ou d’un autre classique – c’était un club mixte gay, après tout. S’ils le faisaient, on les laissait rentrer, s’ils s’énervaient ou rigolaient, on leur disait de partir. Jo Jo Kelly était physio au Vague à Leeds et demandait à des mecs hétéros de rouler une pelle à leurs potes – souvent très gênant pour certains, mais s'ils le faisaient, ils pouvaient entrer.

Résultat : tout le monde était prêt à rigoler et l’atmosphère à l’intérieur était électrique. Évidemment, ça mettait pas mal de personnes en colère. Il y avait des menaces toutes les semaines, des gens qui nous promettaient d’attendre à l’extérieur jusqu’à ce qu’on en sorte ou d’autres qui disaient qu’ils étaient assez riches pour acheter le club et me virer. Parfois, certains disaient « Do you know who I am ? », surtout les footballers célèbres dont je refusais l’entrée. Un jour, un mec qu’on ne voulait pas laisser entrer a voulu me « drop-kicker » en sautant en l’air, mais il y a eu un bug. Il est tombé au sol et n’a même pas renversé une goutte de son verre, donc on a applaudit sa performance.

Et puis un jour, assez soudainement, les physios ont commencé à disparaître de la scène. Les physios devaient passer les mêmes tests que les videurs pour avoir le droit de pratiquer, et la mise en place des préventes a considérablement réduit les files d’attente devant les clubs. On avait donc plus besoin de faire de sélection. Et c’est une honte.

La présence d’un physio devant un club montre que la personne qui le dirige souhaite créer son propre univers, et refuser des personnes permet aux autres d’être plus proches. Tout est dans le nom : un « club » est un ensemble de personnes qui se ressemblent. Si vous êtes assez chanceux, vous connaissez le physio et le videur de ce lieu et vous deviendrez bons amis, ils seront vos alliés. Ils vous protégeront des autres. Ils encaisseront les coups pour vous pendant que vous ferez la fête à l’intérieur. Ce n’est pas un travail facile. Il y a des hauts et des bas. Les physios savent qu’ils peuvent faire entrer leurs potes lorsque le lieu commence à être plein mais certains peuvent abuser du système selon la couleur, le genre ou la classe. C’est important de maintenir un équilibre pour éviter les bandes et pour conserver du sang neuf dans le club, comme ça les gens comprennent que s’ils s’efforcent, ils pourront entrer. "It's not always about the way you dress," rappelle Jenny Ramling ; "it's about mixing it up. When you are running a small capacity club, the door picker's job is harder if you want the night to be fabulous and have longevity".

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