Le combat du collectif britannique NOT BAD FOR A GIRL
Face à des festivals et clubs dominés par les hommes, le collectif appelle à une scène plus diverse et inclusive
Il y a cinq ans, Martha Bolton a eu une idée simple mais radicale : créer un espace où les femmes, les personnes non binaires et transgenres pourraient se sentir soutenues et trouver des opportunités dans l’industrie musicale. C’est ainsi qu’est né le collectif britannique NOT BAD FOR A GIRL, à la fois label, plateforme et réseau de soutien. Aujourd’hui, aux côtés de Martha, des artistes comme Egg On Toast, THT GRL, DaiSu, Miggs, Urbi, Maracuya et Moll font vivre ce collectif, en mélangeant DJ sets, production et création de tendances.
Mais derrière cette énergie créative, la réalité reste dure. Selon les chiffres compilés par le collectif, la scène musicale britannique reste largement dominée par les hommes. Lors d’un festival, près de 80 % des artistes programmés étaient des hommes, avec une seule femme dans les deux premières lignes et huit têtes d’affiche masculines. Dans un autre événement, 87 % des premiers rangs étaient masculins, sans aucune représentation trans ou non binaire. Pire encore, 51 % des femmes et minorités ont déjà été confrontées à des discriminations liées à leur genre, et un tiers des femmes ont subi des violences sexuelles dans l’industrie.
Face à cette situation, NOT BAD FOR A GIRL a choisi de passer à l’action. Le 5 février, le collectif publie sur Instagram une lettre ouverte qui questionne : « Quand les artistes sous-représentés ont-ils cessé d’être programmés ? » Cette lettre ne se contente pas de pointer du doigt les inégalités : elle appelle à une action concrète. Programmateurs, artistes, public, chacun a un rôle à jouer. Le collectif espère voir des line-ups plus diversifiés d’ici 2030.
La lettre ouverte met en lumière des exemples précis : une saison entière dans un club londonien a été programmée uniquement avec des artistes masculins. Dans un grand festival britannique, sur huit artistes principaux, seulement une était une femme. Face à ces constats, le collectif encourage les artistes à inclure des clauses d’inclusion dans leurs contrats et à utiliser leur plateforme pour soutenir ceux et celles qui ont moins d’accès.
Le mouvement gagne du poids : des professionnels influents de l’industrie musicale, dont Wez Saunders, le PDG de Defected Records, Jyoty, NAINA, Saoirse, Jamz Supernova, Saint Ludo, Meg Ward... ont signé la lettre, renforçant l’appel à un changement urgent et concret.
Cette initiative n’est pas seulement une critique : c’est un récit d’espoir et de mobilisation. Derrière chaque DJ set, chaque festival, se cache la possibilité de transformer la scène musicale pour qu’elle reflète enfin la diversité de celles et ceux qui la font vivre.

