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Les DJs qui ont rythmé la Fashion Week de Paris 2026

À Paris, la Fashion Week se termine rarement avec le dernier mannequin. Entre les défilés, les lancements et les after-parties, la musique occupe désormais une place difficile à ignorer. Pour cette saison printemps-été 2027, qui s'est déroulée du 28 septembre au 6 octobre, les maisons ont une nouvelle fois fait appel à des DJs et producteurs issus de scènes très différentes, de l'électro française à la house de Chicago en passant par les nouveaux noms de la scène club internationale.

  • Margaux Reynders
  • 7 October 2026
Les DJs qui ont rythmé la Fashion Week de Paris 2026

Saint Laurent a donné le ton dès le début de la semaine. Pour son défilé du 29 septembre, Anthony Vaccarello a retrouvé son collaborateur musical de longue date SebastiAn, qui signe les bandes-son de la maison depuis plusieurs saisons. Le producteur français, figure historique de l'écurie Ed Banger, accompagne régulièrement les collections de Saint Laurent avec des compositions qui prolongent l'atmosphère sombre et cinématographique développée par Vaccarello. La maison crédite d'ailleurs officiellement SebastiAn comme compositeur de ses soundtracks depuis plusieurs collections.

Et pour prolonger le show, Saint Laurent a fait appel à une autre figure incontournable de la scène électronique : Honey Dijon. La DJ américaine, régulièrement invitée aux défilés de la maison, a joué à l'after-party après avoir assisté au show devant la Tour Eiffel. Une manière assez évidente de prolonger l'univers Saint Laurent du podium au dancefloor.

Chez Chanel, la relation entre mode et musique prend une autre forme. Depuis l'arrivée de Matthieu Blazy, Le Motel, alias Fabien Leclercq, participe directement à la construction de l'identité sonore de la maison. Le producteur bruxellois, qui collaborait déjà avec Blazy chez Bottega Veneta, ne travaille pas simplement à partir d'une playlist : il échange avec le créateur autour des personnages, souvenirs et références de chaque collection, puis construit une palette sonore à partir d'archives et d'enregistrements réalisés sur le terrain.

Cette approche avait déjà donné lieu à des bandes-son particulièrement éclectiques chez Chanel, où Le Motel travaille avec Michel Gaubert. Pour la haute couture de janvier, le duo avait notamment mélangé Joan Baez, The Verve et un remix de Nelly Furtado. La maison assume ainsi une direction musicale qui ne cherche pas forcément à coller à un genre précis, mais plutôt à raconter la collection.

Pour le défilé prêt-à-porter du 5 octobre, Blazy a encore joué avec cette idée de collision entre culture pop et luxe. Le final sur « Gimme More » de Britney Spears a apporté une touche volontairement immédiate et presque irrévérencieuse au Grand Palais, loin de l'image parfois très sage associée aux bandes-son de défilés.

Ailleurs dans Paris, les DJs ont surtout investi les événements qui gravitent autour des collections. H&M et Elie Saab ont par exemple transformé le Palais Brongniart en dancefloor le 28 septembre. Après une performance de Robin S, Kim Turnbull, Inès Rau et Ella Knight se sont relayées aux platines pour la soirée organisée autour de leur collaboration.

Mais l'intérêt de cette Fashion Week réside aussi dans le mélange des scènes. Pendant quelques jours, Paris a vu défiler des noms aussi différents qu'Adam Port, BLOND, DJ Tennis, Seth Troxler ou Dennis Cruz dans les soirées organisées en marge des shows. Des artistes plus proches des scènes alternatives ont également profité de l'occasion, à l'image de DJ Gigola et du collectif Live From Earth.

Cette porosité entre mode et club n'est évidemment pas nouvelle. Les deux milieux se fréquentent depuis plusieurs décennies, des nuits new-yorkaises de la Studio 54 aux défilés accompagnés par les producteurs de la scène électronique française. Mais leur rapprochement semble aujourd'hui plus institutionnalisé. Les maisons ne se contentent plus d'engager un DJ pour mettre de la musique après un dîner : elles construisent parfois leur identité sonore avec des producteurs qui les accompagnent sur plusieurs saisons.

Le phénomène est particulièrement visible chez Saint Laurent et Chanel, où SebastiAn et Le Motel occupent des rôles qui dépassent largement celui de simple DJ. D'un côté, une figure de l'électro française qui accompagne une maison depuis plusieurs années ; de l'autre, un producteur qui travaille directement avec un directeur artistique pour traduire une collection en sons.

Et c'est peut-être là que se trouve le véritable changement. Alors que les maisons cherchent à créer des univers qui dépassent le vêtement, les DJs et producteurs deviennent de plus en plus importants dans la construction de ces mondes. Une collection peut être photographiée, filmée, postée sur Instagram et, surtout, entendue.

À Paris, cette saison encore, la Fashion Week s'est donc jouée autant dans les clubs que sur les podiums. Et si les vêtements restent évidemment au centre du spectacle, ceux qui choisissent ce que l'on entend derrière commencent sérieusement à prendre leur place dans la direction artistique.

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