Optimistic Festival : cinq ans d’un monde à part
Il y a quelques mois, on a reçu un carton d’invitation un peu spécial de la part de l’équipe du festival Optimistic. Une grande fête d’anniversaire pour célébrer les cinq ans d’Opti, l’esprit qui accompagne le festival depuis ses débuts. Cinq années de fêtes, de rencontres et de souvenirs accumulés, réunis le temps d’un nouveau chapitre. Et à la rédaction, vous nous connaissez : on aime bien accepter les invitations. Gardez-nous une part du gâteau, on se met en route.
Nous sommes arrivé·es le vendredi après-midi dans un cadre difficile à battre : les montagnes en toile de fond, le Rhône juste à nos pieds et de grandes étendues d’herbe où l’on pouvait déjà imaginer les trois jours à venir. Une vue dont on ne s’est pas lassé·es pendant 72 heures — et encore, on ne vous a pas parlé des couchers de soleil.
Le site était déjà exceptionnel, mais Opti ne s’est manifestement pas dit qu’iel pouvait s’en contenter. Pour cette édition anniversaire, l’équipe a mis les petits plats dans les grands côté scénographie. Un peu partout, des coins et recoins ont été imaginés à partir d’objets de récupération : des espaces pour s’installer, discuter, rencontrer, se reposer, rigoler ou simplement regarder la fête se dérouler autour de soi. Une multitude de petits refuges qui donnaient au festival cette sensation de cocon éphémère, où l’on pouvait aussi bien se perdre quelques minutes que finir par s’installer pour la journée.
Côté programmation, on ne sait même pas par où commencer. Là où beaucoup de festivals, y compris parmi les plus gros, misent principalement sur quelques têtes d’affiche censées faire tourner toute la machine, l’Optimistic défend une vision bien plus plurielle de ce que peut être un festival. Ici, la musique n’est qu’une partie de l’expérience — et c’est justement ce qui fait sa richesse.
Tout au long du week-end, on pouvait passer d’un salon de coiffure à un stand de massage, se faire tatouer, s’essayer à la sérigraphie ou au crochet. Côté ateliers participatifs, même logique : yoga au bord du fleuve, aquarelle, tirages de cartes… De quoi occuper ses journées autrement qu’en attendant le prochain DJ set. Et pour celles et ceux qui avaient encore besoin d’être diverti·es, les performances étaient au rendez-vous : karaoké, drag show, spectacle d’improvisation… sans oublier une projection de cinéma.
Bref, une programmation suffisamment dense pour nous faire oublier un instant que nous sommes censé·es écrire pour un magazine de musique.
Oups. Mais attendez. La musique, justement.
Quatre scènes accueillaient une programmation riche et particulièrement diverse, naviguant sans complexe entre live sets, DJ sets, concerts et open platines. Ambient, bass, punk, électronique sous toutes ses formes : difficile de s’ennuyer, ou même de savoir exactement ce qui nous attendait au détour d’une scène.
L’un des vrais points forts de cette programmation reste son parti pris pour la scène émergente et locale. Peu de grosses têtes d’affiche venues simplement cocher une case sur un line-up, mais une multitude d’artistes encore trop peu connu·es, particulièrement talentueux·ses, que l’on était ravi·es de découvrir. Une manière de faire de la programmation un véritable terrain d’exploration, où l’on pouvait passer d’un univers à l’autre et repartir avec de nouveaux noms à réécouter.
Mention spéciale pour le closing du dimanche. Les résident·es et membres de l’équipe Optimistic se retrouvaient derrière les platines, sur une scène entourée de ballots de paille, face au Rhône et à un coucher de soleil qui semblait avoir été programmé pour l’occasion. Le festival s’est terminé sur We Are Your Friends de Justice, dans une ambiance assez particulière : une énergie collective et beaucoup d'émotions. On avait rarement vécu un moment comme celui-là.
Une belle façon de tourner la dernière page de ces trois jours. Nous, évidemment, ça allait. Juste un peu de paille dans l’œil.
Mais au-delà de la programmation, des scénographies et des activités, ce qu’on retient surtout de ces trois jours, c’est l’énergie qui circulait entre les festivalier·ères, appelé·es « les optimistes ». On a beaucoup ri, crié, chanté, dansé, partagé des moments avec des inconnu·es et, évidemment, retiré quelques brins de paille de nos yeux. Des moments simples, spontanés, parfois complètement absurdes, mais qui nous ont rappelé ce que peut être un festival quand le public ne fait pas que se croiser, mais partage réellement quelque chose. Ça faisait longtemps qu’on n’avait pas ressenti une telle sensation de collectif.
Et cette ambiance, aussi naturelle puisse-t-elle paraître une fois sur place, ne doit rien au hasard.
Si le festival nous a autant embarqué·es, et si Opti est devenu ce qu’iel est aujourd’hui, seulement du haut de ses cinq ans, c’est aussi grâce à l’équipe de passionné·es qui œuvre bénévolement sur le projet toute l’année. Derrière ces trois jours, il y a énormément de travail, une attention portée aux détails et surtout une vraie volonté de rester indépendant·es, de privilégier le fait main et les circuits courts, tout en défendant des valeurs éthiques et écologiques.
Ça se ressent dans chaque aspect du festival, sans jamais donner l’impression d’être face à un grand catalogue de bonnes intentions. Et après trois jours sur place, au milieu de cette communauté particulièrement bienveillante et généreuse, on comprend assez vite pourquoi toute cette énergie est mise au service du projet. Quand on voit ce qu’il permet de créer, on se dit que le travail en vaut largement la peine. Cependant, il mérite d’être reconnu et mis en avant:
Alors bravo Opti pour tout ce chemin parcouru. On ne s’attendait pas à repartir avec autant de souvenirs, d’émotions et de brins de paille dans les poches.
On a déjà hâte d’être au premier rang pour te voir souffler ta sixième bougie.
Crédits photos:
Photo 1,2: Vicky Pozzobon
Photo 3: François Pequet

