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En bref

MYU:SA, portrait de la nouvelle étoile de la hard techno belge

Rencontre avec MYU:SA, une carrière vécue comme un rêve éveillé

  • Camille-Sarah Lorané
  • 24 February 2026

De son obsession des platines à son engagement au cœur du collectif belge FLINTA Burenhinder, Aleksandra a.k.a. MYU:SA, nous dévoile la face cachée de son identité. Rencontre exclusive avec une artiste qui sublime ses émotions en une techno sombre, puissante et viscérale.

Si la musique a toujours fait partie de sa vie, c’est dès l’enfance que tout commence. Chanter, danser, suivre des cours de hip-hop, très tôt le son et le mouvement deviennent des langages naturels pour elle. Aujourd'hui, elle s’impose comme l’une des figures incontournables de la scène hard techno belge.

« Dès que j'ai commencé à jouer, j'ai su que c'était ce que je voulais faire. »

Ses premières influences musicales puisent dans l’EDM d'Avicii, Armin van Buuren ou David Guetta, avant de se nourrir de la scène hip-hop. Ensuite, son identité se forge dans l'obscurité des clubs. Amelie Lens et Charlotte de Witte l'ont orientée vers la techno, tandis que I Hate Models, Dax J et VTSS l'ont poussée vers des sons plus bruts.

Parfois, certaines histoires ressemblent à des prophéties. Pour MYU:SA, tout a commencé à l'âge de douze ans lorsqu’elle découvre les aftermovies de Tomorrowland. « J’avais l’impression que c’était un monde irréel dont je devais faire partie », confie-t-elle

Loin de rester un simple rêve, elle s'est rapidement mise à expérimenter Virtual DJ et s'est amusée avec ce logiciel pendant des années alors qu'elle était encore adolescente. À 16 ans, son premier job étudiant lui permet d’acheter son premier contrôleur. Deux ans plus tard, elle investit dans un DDJ-1000, encore au cœur de son setup aujourd’hui.

Un moment marque sa carrière à jamais, son premier set à Kavka à Anvers. « Dès que j'ai commencé à jouer, j'ai su que c'était ce que je voulais faire. » Cinq ans plus tard, elle se produit à l’étranger devant des foules toujours plus importantes, avec cette même sensation de vivre un rêve éveillé.

En 2021, elle pousse l'expérience jusqu’à l'extrême et enchaîne les sets à 150 BPMs jusqu’ à toucher les 200 BPMs de la frenchcore. Une intensité ensorcelante, mais exigeante : « c’était amusant, mais au fil du temps, faire ça tous les week-ends, et toujours en clôture, c'est physiquement intense.» Aujourd’hui, MYU:SA a trouvé son rythme de croisière pour ses performances : environ 160 BPM qui lui permettent de garder une puissance teintée d'émotion et de la mélodie. Un contraste qui, dit-elle, « te touche en plein cœur et te donne la chair de poule. »

« Nous jouions du hardcore alors que presque personne d'autre ne le faisait »

La suite s'apparente à un scénario de film. Après avoir tenté en vain d’obtenir des tickets pour Tomorrowland, elle loge chez une amie à Boom. Ensemble, elles écoutent l'écho du festival au loin depuis la fenêtre et marchent autour de l'entrée pour ressentir « la vibe » du festival. Quelques années plus tard, c'est finalement par la grande porte, en tant qu’artiste, qu’elle y entre. Un moment presque irréel voire magique. Difficile d’y croire encore aujourd'hui. « Passer de regarder les livestreams de Tomorrowland à jouer sur ce festival et à en assurer aussi la programmation de la Rave Cave stage est complètement surréaliste. », confie-t-elle en repensant à son passage sur la scène où son collectif Burenhinder avait carte blanche.

Au sein de ce collectif belge, MYU:SA œuvre activement pour transformer une scène belge parfois trop sclérosée. Dès 2021, Burenhinder s'impose comme un bastion pour les artistes FLINTA, bien avant que la sécurité dans les clubs et la parité ne deviennent des sujets de discussion courants. MYU:SA se remémore : « jouer aussi fort n'était pas courant à Anvers, ni même en Belgique, pour être honnête. Nous jouions du hardcore alors que presque personne d'autre ne le faisait, et il y avait très peu de femmes dans les groupes ». À l'époque, Burenhinder « change sa vie » , le collectif lui offre ses premières dates, ses premiers festivals et une vision qui va au-delà de la musique. Émue, l’artiste se dit particulièrement reconnaissante envers Ariana, l'une des fondatrices, qui lui a donné sa première chance.

Pour MYU:SA, l’underground consiste avant tout à créer l’espace avant qu’il n’existe : bâtir une communauté, donner une plateforme aux artistes dans l’ombre et façonner une vie nocturne où tout le monde peut s’épanouir en sécurité. C’est d’ailleurs avec fierté qu’elle regarde le chemin parcouru dans une scène encore largement dominée par les hommes. « Il y a tellement d’artistes incroyables, il suffit de répartir les opportunités de manière plus équitable ».

Derrière les platines, MYU:SA aime commencer en douceur et finir en force, mais cela dépend toujours de la programmation et du créneau horaire. Il est essentiel de créer une montée en puissance, mais la façon dont elle termine un set est tout aussi importante. « Je connais toujours mon premier morceau et généralement mes derniers. » MYU:SA scanne l'énergie qui règne sur la piste de danse et elle pense également aux autres artistes : « Parfois, je termine avec un morceau plus émotionnel ou euphorique plutôt qu'avec le plus intense, simplement pour faciliter la transition vers le DJ suivant. C'est une question de respect. »

« ne cessez jamais de croire en vous et en vos rêves »

La préparation lui permet de rester calme. Elle dispose d'une immense bibliothèque musicale, donc se lancer sans aucune préparation la stresserait énormément. Elle crée une petite playlist, connaît toujours le premier morceau et généralement les derniers.

Malgré le succès et les tournées internationales, MYU:SA garde les pieds sur terre. Bien que sa carrière ait décollé de manière fulgurante, presque mystique, comme si elle avait « manifesté » la vie dont elle rêvait, l'artiste profite aujourd'hui de l'occasion pour adresser un message clair à tous les passionnés :« ne cessez jamais de croire en vous et en vos rêves ».

En dehors des clubs, MYU:SA est plutôt casanière. Après un week-end de concerts, elle a besoin de quelques jours pour revenir à la réalité et rattraper son sommeil. Pendant la semaine, elle mène une vie normale et agréable : elle voit ses amis, découvre de nouveaux cafés, fait du shopping, regarde des dessins animés et recherche de nouvelles musiques. Si elle a un week-end libre, elle le passe avec sa famille. Et dès qu'elle le peut, elle voyage. Elle adore découvrir de nouveaux endroits et de nouvelles cultures. Mais honnêtement, la musique est son passe-temps principal. Elle aime aussi beaucoup la mode, vous pouvez donc la surprendre en train de passer des heures à parcourir Vinted.

Son objectif pour l'avenir est clair : produire davantage de morceaux originaux afin d'affiner son identité. « Terminer les morceaux est la partie la plus difficile, c'est donc là-dessus que je me concentre. »

Cinq ans après ses débuts au Kavka, MYU:SA continue d'avancer avec la même passion. Pour découvrir son univers sur scène, Mixmag et Electronic Subculture organisent un événement le 28 février à La Fabriek avec entre autres, Rebekah, Urumi, et Viudark. Ce soir-là, elle promet un voyage rapide et émouvant, rempli de moments euphoriques, d'une énergie intense et de kicks puissants. Le mot de la fin : « "Let’s shake a$$" avec les filles du line-up »

Pour plus d'infos, direction la billetterie


FLINTA : une abréviation qui signifie « Femmes, Lesbiennes, personnes Intersexuées, Non binaires, Trans et Agenres »

Crédits photos : SOLOVOV

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