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La techno de A à Z - Première partie

Premier volet de notre abécédaire Techno ; de "ALVIN TOFFLER" à "HOOVER"

  • Mots : Marcus Barnes I Traduction : Clark Engelmann
  • 20 June 2017

Milieu des années quatre-vingt. La ville de Detroit, autrefois quatrième métropole la plus prospère des Etats Unis, est anéantie par une crise économique sans précédents. Au cours de cette période, on la surnomme volontier «capitale Américaine du meurtre», le crime et la pauvreté sont monnaie courante, une grande partie de la classe moyenne déserte la ville pendant que certaines banlieues s'effondrent littéralement. C’est dans ce berceau hostile qu’est néée la musique techno, véritable bande-son du futur - un futur qu’on se plaît à espèrer plus brillant - telle que Juan Atkins et ses amis l’ont pensée.


La musique a bien évolué depuis ses premières influences électro ; quand on pense par exemple aux premiers enregistrements d’Atkins sous le nom de Cybotron, l’esthétique des morceaux, distincte, s’inspirait d’Afrika Bambaataa, de tubes pionniers comme 'Planet Rock'. The Electrifying Mojo, présentateur radio aujourd’hui entré dans la légende, proposait aux oreilles assidues une myriade de productions alternatives et inédites dans son émission. Sans oublier l’impact des performances d’artistes comme Kraftwerk et Depeche Mode sur Atkins : c’est ainsi que la techno a commencé à se concrétiser.


Le son tel que nous le connaissons aujourd'hui se distingue en bien des points de ces premières créations, le concept de « bande originale du futur » n’en demeure pas mois pertinent. Toujours intrinsèque au travail de nombreux producteurs. La techno a connu des hauts et des bas depuis sa création à la fin des années quatre-vingts - pour aujourd’hui appartenir aux genres de musique électronique les plus populaires. En conséquence, nous vous présentons un abécédaire de genre musical qui a accouché de superstars tel que Sven Väth, Nina Kraviz, Nicole Moudaber, Ben Klock, Richie Hawtin, Carl Craig et Marcel Dettmann pour ne citer qu’eux.

A pour ALVIN TOFFLER

Un nom qui est probablement inconnu de la majorité des jeunes amateurs de techno aujourd’hui. Alvin Toffler est l'auteur du livre pionnier «Future Shock», livre qui a transporté un certain Juan Atkins, alors tout jeune, depuis le Détroit des années quatre-vingts jusqu’à l’avenir, semant ainsi la graine de ce qui deviendrait un jour la techno. Les idéologies prospectives et visionnaires de Juan - bases de la techno - découlent de cet amour de science-fiction. Le livre de Toffler a été l'une des inspirations cléf dans le processus créatif de la musique.

Voir aussi: ANUMBEROFNAMES, Anthony "Shake" Shakir, Aux88

B pour THE BELLEVILLE THREE


"The Belleville Three" est le nom donné à trois jeunes hommes lesquels sont tous allés à l'école ensemble: Juan Atkins, Derrick May et Kevin Saunderson. Sous la direction de Juan, le trio a expérimenté s’est frotté à la technologie, utilisant des synthétiseurs pour donner forme aux premiers enregistrements techno. De leurs premiers ébats avec les sons électroniques sont nés les prémisses de ce que nous connaissons aujourd'hui comme la techno. Les trois hommes sont individuellement responsables de certains classiques techno intemporels, inspirant des générations vers l’infini et au-delà ...

Voir aussi: Berlin, Basic Channel, Blake Baxter, Blueprint Records

C pour CARL CRAIG

L'un des acteurs clef de la «deuxième vague» d’artistes techno originaires de la Détroit. Carl Craig incarne cette philosophie visionnaire et tournée vers l'avenir que représente la musique. Sa contribution à la techno a façonné son évolution, à repousser les limites et à fusionner les sons électroniques avec une multitude d’autres influences, du jazz à la musique classique. Son dernier album '‘Versus’ démontre parfaitement comment Carl est parvenu à porter la techno à un autre niveau, tout en continuant d'élargir ses horizons musicaux.

Voir aussi: Carl Cox, Colin Dale, Cocoon, Charlotte De Witte

D pour Détroit

La Mecque, là où tout a commencé, la Motor City où la combinaison de circonstances économiques et sociales et d'influences musicales a conduit à la naissance de la techno. C'est là que The Electrifying Mojo a joué ses sélections éclectiques, là aussi que Juan s’est livré à ses premières expériences. L’effondrement de l'industrie automobile, le chômage spectaculaire qu’elle a engendrée, tous ces facteurs se sont conjugués pour créer les bonnes circonstances dont l’un des aboutissement est une nouvelle forme de musique.

Voir aussi: Depeche Mode, Derrick May, Drexciya, Dave Clarke, Deutsch Amerikanische Freundschaft

E pour "Energy Flash"

Un morceau fondateur signé Joey Beltram, la légende de New York. C’est amusant quand on pense que Joey voulait composer de la house quand il a produit ce track de tueur. "Je pensais que je faisais de la house music avec une touche différente », confesse-t-il dans le documentaire Channel 4 de 2001 Pump Up The Volume: The History Of House Music. Le classique de Joey a été signé sur R & S Records et est devenu un succès à travers l'Europe, précédant ainsi son autre bombe, l'hymne techno 'Mentasm'.

Voir aussi: Eddie ‘Flashin’ Folkes, Ellen Allien, ‘E2-E4’

F pour FORD MOTORS

Les machines automatisées utilisées dans les usines automobiles sont considérées comme une influence majeure sur les beats répétitifs associés à la techno. Ces beats répétitifs sont au cœur de la techno: robotiques, programmés ... Ford Motors était également au centre du déclin économique de Detroit et a joué un rôle important dans la mentalité de nombreux producteurs techno qui regardait vers l'extérieur, vers l'avenir, vers un endroit meilleur, loin des difficultés traversées par une ville appauvrie.

Voir aussi: Funktion-One, fabric, Frankfurt

G pour "Good Life"

La techno s’est hissée sur les charts avec ce classique intemporel produit par Kevin Saunderson sous son alias Inner City - avec la chanteuse Paris Grey - La chanson a été suivie de 'Big Fun et a présenté sur leur album 'Paradise'. Il a atteint le numéro 4 dans les charts du Royaume-Uni en 1989 s’écoulant à plus de deux cents mille exemplaires et reste aujourd’hui aussi populaire que jamais. Saunderson racontait qu'il essayait de reproduire le groove attractif d’un morceau disco, par exemple le genre de chanson qu’un artiste comme Larry Levan aurait interprêté.

Voir aussi: George Clinton, Giorgio Moroder, Gary Numan

H pour HOOVER

Lorsque Joey Beltram a réveillé le son du «hoover», ce sont toutes les trompettes de l’enfer qui se sont mises à souffler. Le son du Hoover, si caractéristique de la techno des années quatre-vingt dix, est l’association de plusieurs oscillateurs espacés, qu’ont modulent et auxquels on ajoute beaucoup de chorus. Le résultat est un son puissant, hypnotique et démoniaque ; vous plongez dans un véritable vortex infernal quand il est bien utilisé. Après "Energy Flash", Beltram sort "Mentasm", avec le son hoover parfait - ce qui positionne ce track à l'avant-garde d'une nouvelle vague d'innovateurs techno, presque indépendamment de la volonté de son créateur. Les ravers possèdent désormais un son qui les représente. Les «Mentasm» et le «Dominator» de Human Resource ont utilisé des sons similaires au son du Hoover, sortis tous les deux en 1991, ils ont ouvert la voie à une foule d’imitateurs, donnant ainsi naissance à un sous-genre de la techno, le gabber.

Voir aussi: Halle Am Berghain, Helena Hauff, Hardwax, Head High

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