À Londres, les événements musicaux afro-descendants davantage ciblés par les restrictions
À Londres, les événements mettant en avant des genres musicaux associés aux communautés afro-descendantes sont davantage susceptibles d’être « annulés, interrompus ou soumis à des restrictions » que ceux organisés par des personnes blanches, révèle une nouvelle étude du projet Race Equality in Music Event Licensing (REMEL).
Pendant deux ans, le projet a recueilli des données pour documenter les inégalités raciales dans le traitement des événements musicaux par les autorités. Le rapport s’appuie sur des entretiens avec des promoteurs, des artistes, des responsables de lieux et des représentants associatifs, ainsi que sur des données de la Greater London Authority, de la police métropolitaine de Londres, d’UK Music, de LIVE et du syndicat des musiciens.
Les événements consacrés aux scènes afro-descendantes et sud-asiatiques se heurtent à de « profonds obstacles systémiques et institutionnels ». Dans les quartiers les plus diversifiés de la capitale britannique, les demandes d’autorisations temporaires d’événement (Temporary Event Notices, ou TENs) sont notamment plus susceptibles d’être refusées.
Le rapport souligne également une différence de traitement après des incidents : les établissements appartenant à des personnes blanches seraient généralement accompagnés dans la reprise de leurs activités, tandis que ceux détenus par des personnes noires seraient plus souvent contraints de fermer par les autorités.
Les décisions de la police métropolitaine et des organismes chargés des licences classent par ailleurs certains genres musicaux comme présentant un « risque plus élevé », malgré des éléments allant à l’encontre de cette classification. L’Afrobeats, le dancehall et le R&B figurent parmi les genres les plus fréquemment concernés.
Selon les estimations du rapport, les annulations et les restrictions pourraient mettre en péril 650 millions de livres sterling d’investissements dans la musique sur cinq ans. Le traitement disproportionné des événements liés aux scènes afro-descendantes représenterait un coût d’environ 114 millions de livres par an pour le secteur musical.
Lancé en 2023, le projet REMEL fait suite aux préoccupations adressées au maire de Londres, Sadiq Khan, par l’organisation Black Lives in Music et le syndicat des musiciens.
Les conclusions de cette étude doivent contribuer à l’élaboration d’un London Race Action Plan. Selon l’Assemblée de Londres, ce plan guidera les municipalités, l’industrie musicale et les forces de police afin d’identifier les bonnes pratiques, de partager les enseignements et de mettre en place des mesures concrètes.

