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DVS1 : « Les festivals ne permettent pas de tirer le meilleur parti des artistes »

Le pilier de la techno aborde les ravages de la culture festival sur la culture club

  • CAMERON HOLBROOK
  • 13 March 2019
DVS1 : « Les festivals ne permettent pas de tirer le meilleur parti des artistes »

En plaçant Minneapolis sur la carte de la scène rave mondiale dans les années 1990, Zak Khutoretsky (aka DVS1) s’est imposé comme l’un des artistes techno les plus respectés au monde. Connu pour son sens de l’innovation technique et son regard lucide sur la culture, DVS1 est un fervent défenseur de ce qu’il appelle « les véritables valeurs de l’underground. »

Dans une longue interview de 30 minutes avec The School of House d’Amsterdam, DVS1 retrace de manière remarquable l’évolution de la scène électronique au cours des années et traite de plusieurs sujets sensibles de la culture électronique.

Le titan de la techno interroge l'avènement des gros festivals et explique en quoi ils constituent une menace pour les valeurs fondamentales de la musique électronique.

En voici un extrait :

« Les festivals ne font pas ressortir ce qu’il y a de mieux chez les artistes. Donnons une définition du ‘festival’. Un festival, selon moi, a plusieurs scènes : plus de cinq, six, sept, huit, neuf, dix scènes. Ils y a deux à trois petites scènes de ‘soirées d’été’, belles et organisées qui sont comprises dans ce concept de ‘festivals’.

Pour moi, celles-ci sont différentes. Ces gros festivals commerciaux à 10 ou 20 000 personnes… C’est ce qui selon moi détruit la culture. Les DJs prennent de plus en plus l’habitude de jouer des sets de 90 minutes à une audience qui a une capacité d’attention courte, ce qui les extrait d’un contexte artistique. Quand tu as 90 minutes sur une grosse scène – à jouer pour des jeunes qui n’ont aucune envie de suivre tes envies, tu finis par passer des trucs mainstream (les ‘bangers’) c’est tout ce que tu fais car sinon, tu vas perdre tout le monde.

Quand tu joues dans un club pendant trois ou quatre heures, ça teste ta capacité à t’amuser avec les vibes et les tensions dans la pièce. Si tout le monde est concentré sur cette même pièce et ce même son, ils sont avec toi ! Ils choisissent de venir et de faire partie de ton expérience cette nuit-là. Voilà le défi qui se présente à toi en tant qu’artiste. »

« Cela nuit à la culture de plein de manières différentes. L’audience perd les valeurs, l’attention et le respect de l’expérience. Le DJ a plus de difficulté à se montrer créatif. Pour la culture, cela nuit aux clubs et aux promoteurs indépendants qui prennent bien plus de risques pour une plus petite audience. Ça détruit tout le concept de partager une expérience avec un groupe de personnes dans une pièce à l'unisson, sur le même battement de cœur, sur le même beat.

Et ça dégénère ! C’est arrivé à un point où je n’ai plus l’impression d’appartenir à la même scène. Nous étions une scène, une culture. Puis, c’est devenu une industrie. Maintenant, même cette industrie se divise en deux avec d’un côté le camp club/rave, et de l’autre le circuit des festivals. Une partie de moi pense qu’ils ne sont plus la même chose. Même s’ils partagent la même musique et les mêmes DJs, ils deviennent des entités complètement séparées. Et ça me convient très bien ! J’aurais simplement aimé que l’une n’affecte pas autant l’autre. »

Regardez l’intégralité de l’interview :

Initialement paru sur mixmag.net

Adapté de l’anglais par Sarah Pince

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