JukeBlocks, l’outil gratuit pour ne plus rester bloqué en phase d’arrangement
Gratuit et compatible avec tous les DAWs, JukeBlocks génère des arrangements complets à partir d'un simple loop.
Tout producteur apprécie particulièrement cet instant où la boucle parfaite tourne avec fluidité, les éléments s’emboîtent naturellement et l’idée musicale prend vie. Puis il est temps de faire de la boucle un morceau entier. Un syndrome de l’écran vide s’installe alors, les clips ne sachant où aller, l’élan qui retombe… C’est à cet instant que JukeBlocks.io intervient.
JukeBlocks est une plateforme web accessible gratuitement, mis à part quelques fonctionnalités payantes. Mais contrairement à Suno ou Udio, JukeBlocks ne crée aucun son. Par conséquent, elle ne compose pas la musique à la place du producteur mais propose uniquement une structure.
JukeBlocks propose alors un générateur de templates qui trouve sa vraie valeur dans la vitesse à laquelle il extirpe le producteur de cette phase d’arrangement et non dans la sophistication du template généré.
En cliquant sur Generate, un squelette apparaît avec les sections précises et nommées : intro, beat 1, break 1, drop 1, build 1... Ainsi, le producteur comprend instantanément l’idée générée. Il sait que le Main Lead entre au Drop, que le Break vient alléger la séquence juste avant, et prend même conscience des indications de mixage avec les diverses automations proposées. De plus, si le premier résultat laisse insatisfait, il est possible d’en régénérer à l’infini, atout indéniable. Il est également possible d’ajouter ses propres pistes et instruments dans le générateur. Le producteur est en capacité d’indiquer à JukeBlocks où il souhaite placer son arpégiateur ou sa contre-mélodie avant même de l’avoir enregistré.
Le réarrangeur, quant à lui, présente sans nul doute la fonctionnalité la plus ambitieuse et surprenante des deux. En important son projet DAW existant, le producteur reçoit en retour une nouvelle structure. Il est impressionnant de constater la capacité de l’outil à retrouver et réexporter les samples correspondants dans le nouveau Live Set.
Toutefois, une fois les louanges chantées, l’outil admet quelques faiblesses et limites. On remarque que les idées musicales plus longues ont tendance à être condensées en cycles d’une mesure. En d’autres termes, une progression d’accords de 8 ou 16 mesures sera réduite à sa première mesure. Loin d’être une erreur rédhibitoire, du fait qu’il reste possible après coup d’étendre manuellement les clips audio, cela reste une preuve que l’outil suggère davantage un point de départ plutôt qu’une solution définitive. Aussi, l’impossibilité de verrouiller certains éléments entre deux générations réduit les chances d’obtenir une génération “parfaite”. Si le producteur génère un template avec une piste de basse bien spécifique et satisfaisante, elle disparaîtra en cas de nouvelle génération. Bien entendu, ces remarques relèvent non pas de défauts incorrigibles mais de pistes logiques d’évolution.
Ceci étant dit, quel est le véritable sens d’un tel outil dans le contexte actuel de production de musique électronique ? Est-ce grâce à des dispositifs tels que JukeBlocks que la production va se démocratiser, en aidant par exemple des producteurs novices à finaliser leurs idées plutôt que d’abandonner un germe créateur dont le potentiel restera éternellement inconnu ? Ou, au contraire, serait-ce à cause de ces technologies que nous atteindrons peut-être une uniformisation standardisée des structures musicales ? Ce n’est en aucun cas un procès fait à l’IA ou aux outils qui en découlent, car JukeBlocks n’incarne en rien une révolution quelconque. Il s’agit simplement d’un outil pragmatique qui répond à un réel besoin de production. C’est dans un genre musical où la structure est relativement normée, comme la house ou la techno, que JukeBlocks révèle son plein potentiel en économisant l’énergie créative du producteur pour ce qui compte vraiment : le son, le mixage, l’émotion.
Quoi qu’il en soit, il ne peut être que bénéfique de tirer profit de cet outil gratuit, fonctionnel et accessible. Qu’il s’agisse d’assouvir sa curiosité artistique ou bien d’éradiquer la chronophagie d’une telle étape de création, peu importe : toutes les raisons semblent bonnes pour s’y essayer.

