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La musique électronique dans le cinéma : le passage du club à l’écran

La culture électronique s’invite dans les grands films et devient un outil émotionnel puissant

  • Salomé Bayat
  • 12 February 2026
La musique électronique dans le cinéma : le passage du club à l’écran

Longtemps associée aux clubs et aux festivals, la musique électronique s’impose désormais au cœur des grandes productions cinématographiques. Plusieurs exemples le montrent : la bande originale de Tron : Legacy a été réalisée par les Daft Punk, Trent Reznor et Atticus Ross ont signé celle de Challengers et la musique électronique se retrouve également dans des films comme The Substance, 120 battements par minute, Drive, The Social Network ou encore Blade Runner.

Mais la présence des sonorités électroniques au cinéma ne date pas d’aujourd’hui. Dès 1956, le film Forbidden Planet marque l’histoire en proposant l’une des premières bandes originales entièrement composées à partir de sons électroniques. Par la suite, aux alentours des années 1970 et 1980, les synthétiseurs se sont imposés, principalement dans les films de science-fiction et les thrillers, avant de s’étendre progressivement à d’autres genres.

Cette évolution trouve aujourd’hui un nouvel écho avec Marty Supreme, l’un des succès récents du box-office. On y voit Timothée Chalamet incarner un jeune arnaqueur dans l’Amérique des années 1950, animé par l’ambition de devenir le meilleur joueur de ping-pong au monde. Sa bande originale est signée Daniel Lopatin, aussi connu sous le nom de Oneohtrix Point Never. Dans ce film, le producteur américain a tenu à mettre en avant une musique électronique façon années 80. En faisant appel à un compositeur issu de la scène électronique expérimentale pour un aussi grand film porté par une grande star hollywoodienne, la musique électronique est réellement mise en avant.

Pour ce qui est du film Sirāt, on suit un père et son fils qui arpentent le désert marocain, passant d’une rave à l’autre dans l’espoir de retrouver sa fille disparue. Sorti en 2025 et nommé dans plusieurs grandes cérémonies, le long-métrage montre que la musique ne se contente pas d’accompagner le récit. Le spectateur est complètement plongé dans l’univers des raves et de la techno. Elle sert également à traduire la tension et l’intensité émotionnelle ressenties par les personnages. Et ce genre de musique est désormais reconnu par les grandes institutions du cinéma puisque Sirāt était nommé cette année pour le Golden Globe de la meilleure musique de film, finalement remporté par le film Sinners.

La musique électronique occupe à présent une place centrale dans le cinéma. Elle crée une véritable immersion pour le public. Irène Drésel, autrice-compositrice de musique électronique et gagnante du César de la meilleure musique originale en 2023, avait expliqué lors d’un entretien livré à la RTBF « qu’avec la musique électronique, on peut proposer des choses peut-être plus fortes ».

Elle apparaît donc comme un outil narratif à part entière, capable de créer une expérience sensorielle. Elle permet au spectateur de ressentir la tension, la dynamique et l’intensité des scènes. Elle n’est plus seulement un accompagnement, elle devient un élément central du récit. Avec des exemples récents comme Marty Supreme, Sirāt ou encore The Substance, la musique électronique se retrouve aujourd’hui au cœur de films incontournables, confirmant son rôle central.

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