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Ouganda : Nyege Nyege festival échappe de justesse à l'annulation par un ministre anti-LGBT

Un pays où l’homosexualité est illégale

  • Photo : © Ian Duncan Kacungira​
  • 10 September 2018
Ouganda : Nyege Nyege festival échappe de justesse à l'annulation par un ministre anti-LGBT

Soulagement pour la scène électronique d’Afrique de l’Est et son rayonnement international : 24h seulement avant le début du festival de 4 jours, les autorités ont finalement levé le ban. Sous conditions : interdiction d’accès aux mineurs le soir, drogues et « actes d’homosexualité » prohibés et présence policière renforcée.

La semaine dernière, le ministre ougandais de l’éthique et l’intégrité Simon Lokodo présentait une recommandation au gouvernement : « J’ai reçu des renseignements crédibles de groupes religieux, leaders d’opinion et d’autorités locales que la mission de ce festival, ces deux dernières années, a été corrompue pour accueillir la célébration et l’incitation de jeunes gens à l’homosexualité et au mouvement LGBT ».

Pour les organismes de protection des droits de la communauté LGBTQ+, les déclarations du ministre Lokodo reflètent le climat ultra conservateur du pays et de ses classes dirigeantes. Frank Mushiga de l’organisation Smug (Sexual Minorities Uganda) a expliqué à RFI Afrique : « De nombreux hommes politiques dans ce pays essayent de faire de la communauté homosexuelle un bouc émissaire, afin de servir leur intérêt politique. Ils essayent de ternir l’image de cette communauté. Nos leaders sont très conservateurs et pensent que les gens ne peuvent pas aller à une fête et s’amuser sans qu’il y ait de contrôle. »

En Ouganda, toute personne qui s’engage dans des relations homosexuelles encourt la perpétuité. En 2013 le gouvernement du pays s’était attiré les foudres de la communauté internationale en tentant d’adopter une loi rendant obligatoire la délation des homosexuel·les, plus tard rejetée par la Cour constitutionnelle pour « vice de forme ».

Organisé sur quatre jours, le festival de 10 000 personnes, dont plusieurs milliers de touristes étrangers, a invité près de 300 artistes de 30 nationalités différentes sur un plage à la source du Nil. Sur place, la police a procédé à plusieurs confiscations de shishas, dont l’utilisation est illégale dans le pays depuis l’adoption de la Loi Anti-Tabac de 2015. Aucune arrestation n’a cependant été rapportée sur place.


Crédits :

Photo : Nyege Nyege 2017, © Ian Duncan Kacungira
Texte : @MarieDapoigny
Sources : RFI Afrique / RA

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