Teknival de Bourges : entre fête libre et durcissement de la répression
À l’issue du Teknival organisé près de Bourges, les organisateur·ices ont publié un communiqué dénonçant le durcissement des mesures gouvernementales contre les rave parties
Du 1er au 5 mai a eu lieu le Teknival près de Bourges où des dizaines de milliers de personnes se sont réunies pour faire la fête. Cette free party s’est déroulée sur un terrain militaire dans le Cher. Selon la préfecture, 22 868 personnes et 10 315 véhicules ont été contrôlés par les forces de l’ordre. Laurent Nuñez, le ministre de l’Intérieur, a affiché sa volonté de renforcer la répression des free parties. Les personnes quittant les lieux ont ainsi été systématiquement verbalisées par les gendarmes. Il a affirmé que tous ceux qui sortaient du Teknival seraient sanctionnés à double titre : pour avoir pénétré sur un terrain militaire et avoir participé à un rassemblement national.
Malgré cela, l’évènement s’est déroulé sans incident majeur et sous une forte surveillance policière, dans un climat de tensions liées à la proposition de loi visant à criminaliser les rave parties. Pour rappel, le texte défendu par le groupe Horizons, adopté en commission, a été approuvé le jeudi 9 avril à l’Assemblée nationale. Il prévoit des sanctions de « six mois d’emprisonnement et de 5 000 euros d’amende » pour les organisateur·ices. De plus, le groupe souhaite également punir de six mois d’emprisonnement et de 30 000 euros d’amende toute personne contribuant, de manière directe ou indirecte, à la préparation, à l’organisation ou au bon déroulement d’un rassemblement.
Dans un communiqué, les organisateur·ices du Teknival dénoncent la répression d’État. Ils réclament l’abandon de la proposition de loi 1133 ainsi que du projet de loi RIPOST («Réponses Immédiates aux Phénomènes troublant l’Ordre public, la Sécurité et la Tranquillité de nos concitoyens »).
À la suite de la free party, Laurent Nuñez s’est d’ailleurs exprimé en ce sens : « La revendication du Teknival de Bourges ne fera que renforcer la détermination du gouvernement à mieux réprimer ce type d’organisation sauvage, que nos concitoyens ne comprennent pas », ajoutant que cet évènement n’avait fait que conforter sa volonté de continuer à porter le projet de loi RIPOST.
L’année prochaine, un nouveau Teknival sera tout de même organisé « quelque part en France », entre les deux tours des élections présidentielles.

