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Testé

Live : Pourquoi les artistes techno aiment-ils tant la Roland TR-8S ?

Shlømo, Madben, Boston 168 et 999999999 décrivent l'impact de la boîte à rythmes sur leurs lives

  • Sylvain di Cristo
  • 6 May 2019

En 2018, Roland sortait la petite sœur de la boîte à rythme TR-8, elle-même affiliée aux plus célèbres drum machines du monde, les TR-808 et 909 du même constructeur nippon. La TR-8S, conçue pour la scène, permet aux musiciens électroniques de jouir en live de l’expérience, du toucher et des sons des TR (808, 909, 606, 707, 727) tout en les couplant à leurs propres samples personnels qu’ils peuvent triturer en temps réel. Avec une interface simplifiée, sa grande mémoire et ses multiples sorties analogiques, Roland espérait avec la série TR-8 conquérir les estrades comme elle a conquis les studios des pionniers de la techno dans les années 80. Y est-elle parvenue ? Et si oui, quel impact la machine a-t-elle pu avoir sur le processus créatif des musiciens en live ? Aussi, son utilisation est-elle différente d’en studio ? Nous avons posé la question directement aux artistes qui l’utilisent – et ils sont nombreux.

Si l’on en croit la blogosphère, la TR-8S semble être l’un des meilleurs produits de la firme japonaise en terme de rapport qualité/prix. Les artistes vont dans le même sens, trouvant chacun dans cette drum machine leur propre raison de l’adorer, à commencer par l’improvisation live. C’est ce qui a poussé le producteur français Madben à se procurer la sienne : « L’idée est de l’intégrer dans mon live solo pour disposer d’une drum machine accessible en jeu "à la volée", afin d’ajouter un peu de fun à mes drumracks Ableton et de nouvelles improvisations rythmiques à tout moment. » Même son de cloche pour le duo techno italien 999999999, qui y voit un moyen de profiter en live des boîtes à rythmes légendaires de Roland d’une manière simple : « On peut switcher entre 909, 808 ou 707 en quelques secondes et même mélanger dans un seul pattern plusieurs sons de ces machines, ce qui permet de créer rapidement son propre son. »

Pour eux, l’utilisation de la TR-8 rime avec spontanéité, avec jam, et c’est ce qui va rendre le live captivant : « On adore interagir et improviser sur la TR-8. La plupart du temps, on préfère créer un pattern en temps réel sans en utiliser de programmé. » Mais qui dit spontanéité, dit bien souvent simplicité d’utilisation : « Avec ses faders verticaux, c’est une machine dont le workflow est imbattable, commente le boss de Taapion Records, le Français Shlømo ; parce que « super accessible » prolonge Madben. Historiquement les TR de chez Roland ont toujours été très simples à utiliser et c’est qui me plaît : leur architecture de travail est super intuitive. Concrètement, pour le live, je compte l’utiliser de manière simple et efficace : la programmation d’un pattern rythmique ou l’enregistrement « à la volée » sont vraiment fun. » Un avis que partage également un autre duo de la scène acid techno italienne, Boston 168, qui préfère l’utiliser dans les passages de breaks en mutant ou dé-mutant les éléments de manière individuelle.

Photo : Boston 168, DR

Pour comprendre concrètement l’impact que la TR-8 peut avoir sur les live électroniques, il n’y a qu’à observer comment les artistes l’utilisent en studio et de comparer. Si Boston 168 n’en a pas besoin parce qu’ils se servent d’une TR-909 originale, tout le monde n’a pas cette chance (une 909 d’occasion se monnaie autour des 3 000€ contre 625€ pour une TR-8S neuve) ou ne fait pas ce choix.

Madben, lui, la couple avec une autre BAR (boîte à rythmes), l’Elektron Analog Rytm : « Je pense que ce sont deux BAR super complémentaires. L’apparition de la fonction « motion » sur la TR-8S, la possibilité de lui greffer des samples, l’historique modélisation analogique ACB [pour « comportement de circuit analogique » qui simule le comportement de chaque composant de la TR-808, ndlr], le nombre de pas par tranche qui est devenu énorme… Ce sont quelques-uns des critères qui ont motivé mon achat et vont me permettre de l’utiliser au quotidien dans mon studio. »

Pour les Italiens de 999999999, l’utilisation de la TR-8 en studio est la même qu’en live mais ils vont encore plus loin en la samplant : « Il nous arrive d’enregistrer certains éléments de la TR-8 pour créer des snares ou des hi-hats, qu’on va ajouter à des patterns de machines différentes », et ainsi être sûr d’obtenir un son que personne d’autre n’aura.

Image : 999999999, DR

Si tous ces artistes recommandent la machine, ce n’est pas toujours pour les mêmes fonctionnalités, bien qu’au final tous s’accordent sur son côté tout-en-un avantageux : « C’est compliqué d’emporter toutes les machines que j’utilise en studio, la TR-8 simplifie ça, c’est une bonne synthèse et du groove en plus » explique Shlømo, qui la recommandera pour « sa fonctionnalité d’enregistrement des automations [les modulations d’effets, ndlr], un véritable game changer en live. »

Même chose du côté des deux duos italiens qui mettent l’accent sur le côté fun et récréatif : « N’ayez pas peur d’utiliser toutes les fonctionnalités et pas seulement les choses basiques », suggère 999999999. « Les possibilités sont infinies et vous ne vous en lassez jamais. »

Et Madben de conclure : « À chaque profil de compositeur sa BAR, mais là je pense qu’un utilisateur « débutant » prendra très vite beaucoup de plaisir. Et lorsqu’on débute en composition, c’est important de ne pas être confronté à des blocages purement techniques. A contrario, un artiste plus avancé pourra également parfaitement l’exploiter car Roland a pensé à ajouter un paquet de nouvelles fonctionnalités. Les conseils semblent nombreux à l’usage et les batteries programmées promettent d’être super vivantes. » Bon live !

Image : © Roland
Image en une : © Shlomo, DR

Texte : Sylvain di Cristo



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