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"La techno doit mourir", la tribune d'un journal allemand discrédite la scène

Un article brûlant dresse un portait de ce qu'est devenu la techno

  • Camille-Sarah Lorané
  • 29 January 2020
"La techno doit mourir", la tribune d'un journal allemand discrédite la scène

Le Tageszeitung, journal allemand de gauche, a publié une tribune le 18 janvier au titre provocateur : “La techno doit mourir”, évoquant comment en 30 ans la techno s‘est détournée de son sens et de ses idéaux.

La contributrice Laura Ewert y tacle la scène électronique d'une plume acérée : les DJs planétaires, le créateur de la Love Parade, les expositions, les festivaliers épris de liberté instantanée, l'institutionnalisation de la techno, et même l’idéalisme Peace and Love que prônent les organisateurs.

L'auteur est catégorique : « la scène a été disloquée et a en grande partie vieilli ». Les DJs revendicateurs et autres vétérans de la techno atteignent les 60 ans et sont désormais des « collectionneurs d'art, dirigent des journaux conservateurs ou passent l'hiver avec des rituels d'ayahuasca au Pérou » .

La techno est condamnée, la lumière blanche dans son sillon n'est pas une œuvre de VJing mais bien sa fin. « Une transfusion ne peut pas faire de mal » mais Laura Ewert avance aussi que la techno devrait tirer sa révérence avec dignité avant de sombrer au point de non-retour.

Selon elle, l'ouverture d'esprit scandée à tout va n'a toujours pas atteint ses idéaux, peut-être utopiques : « les personnes non-blanches ont toujours plus de mal à entrer en clubs que les autres. Et des gens d’horizons différents peuvent danser sur de la musique électronique – mais la probabilité pour que les millionnaires dansant à Ibiza avec une consommation minimale à trois chiffres partagent le dancefloor avec des ravers au crâne rasé est assez faible. »

Le capitalisme a réussi à étendre ses tentacules sur la scène électronique anti-conformiste où même l’underground est devenu vendeur. La techno est à la mode, “mainstream” , les expositions culturelles sur la techno pleuvent, que ce soit à Berlin (No Photos on the Dancefloor) comme en France (l’exposition Techno à la Philharmonie de Paris). Laura Ewert explique que la scène doit redevenir créative et simple : « Moins de fric, plus de basses » .

Cette tribune fait peu de cas des collectifs et labels qui font perdurer l'âme de la techno, mais elle a le mérite de remettre en question une scène idéalisée et d'ouvrir le débat sur le sujet.

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